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Agriculture – Pêche

VIDÉO - Les contrôles vétérinaires dans les élevages bretons : un garde-fou pour le bien-être des animaux

La vidéo de L214 pointant du doigt trois élevages de veaux finistériens et un centre de tri à Ploudaniel a beaucoup fait réagir dans le département. "Des cas très minoritaires", insistent les éleveurs. L'un d'eux nous a ouvert ses portes lors d'un contrôle vétérinaire.

Le vétérinaire passe tous les deux mois dans l'élevage pour des contrôles et soigner les veaux mal en point
Le vétérinaire passe tous les deux mois dans l'élevage pour des contrôles et soigner les veaux mal en point © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Lopérec, France

"On se sent matraqués et obligés de se défendre en permanence" : au milieu de ses veaux, Yann Le Gac est dépité par la nouvelle vidéo de l'association L214 qui dénonce des mauvais traitements envers les bêtes dans trois exploitations finistériennes. Cet éleveur à Lopérec dénonce un risque d'amalgame avec l'ensemble des exploitations : "certains ont moins de conscience professionnelle et n'ont pas la fibre de l'élevage, reconnait-il. Mais _on ne montre qu'eux et on en fait une généralité, alors que 95% des exploitations sont bien !_".

"Une maltraitance inacceptable"

Yann Le Gac a été particulièrement choqué par les images du centre de tri de veaux situé à Ploudaniel, dans lequel un employé assène des coups de pied aux bêtes. "Si je fais peur à mes animaux la première fois que je les vois en leur tapant dessus, ils ne vont pas venir boire le matin, ils vont rester terrorisés dans leur coin ! déplore l'éleveur._Il faut empêcher ces dérives_"

On le vit mal car on est regardé de travers par ceux qui ne connaissent pas notre métier. 

Des prises de sang sont effectuées pour vérifier le taux de fer dans le sang. "S'il est trop bas, on fait un traitement avec un médicament si nécessaire", indique le technicien qui assiste l'éleveur - Radio France
Des prises de sang sont effectuées pour vérifier le taux de fer dans le sang. "S'il est trop bas, on fait un traitement avec un médicament si nécessaire", indique le technicien qui assiste l'éleveur © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

"Inadmissible et insupportable" aussi pour Cédric, un vétérinaire qui suit 75 exploitations dans le quart nord-ouest de la France. "Malheureusement, on _ne peut pas dire qu'on a 100% d'élevages exemplaires, mais c'est très minoritaire_, insiste-t-il. Je ne crois pas qu'il faille condamner toute la filière ou la profession, même si c'est intéressant d'avoir des déclencheurs d'alerte comme ces vidéos"

Des contrôles systématiques

Les contrôles sont réguliers dans les élevages, au minimum une visite et un bilan sanitaire obligatoire par an. "Personnellement je viens tous les deux mois dans chaque exploitation, sans compter les visites d'urgence pour soigner un veau", explique Cédric.  L'une des bêtes de Yann Le Gac, arrivée la semaine précédente, est d'ailleurs un peu faible : "il est à 37°9 de température, donc on va le mettre à boire", explique Miguel Bariou, le technicien qui accompagne l'éleveur notamment pour les prises de sang. Le vétérinaire, sur place pendant plusieurs heures, se charge du contrôle visuel de l'état des bêtes et de vérifier leur hydratation. "C'est ce qui permet d'établir les protocoles de soins pour que l'éleveur puisse s'en occuper ensuite, indique Cédric. Il est l'infirmier de son élevage ! Ici, _on a des veaux en bonne santé_", se félicite-t-il. 

Les élevages peuvent aussi recevoir la visite de la DDPP, les services sanitaires de l'Etat. Des prélèvement de poils et d'urine sont effectués sur quelques veaux pour vérifier qu'il n'y ait pas d'hormones dans les aliments, trop d'antibiotiques utilisés, ou de molécules interdites dans l'alimentation. "Ils peuvent _retrouver des traces sur plusieurs mois en amont_, donc ça leur permet de dire si on est dans les clous", précise Yann Le Gac. Lui ne vide son bac de médicaments qu'une fois tous les dix-huit mois. 

Pas de contrôle à l'improviste, les éleveurs sont normalement prévenus 48 heures avant. "Moi, c'était la veille et ça ne me posait pas de souci, raconte l'éleveur. _Si des animaux sont maltraités, ça ne laisse par le temps de les remettre en état donc les contrôleurs peuvent le voir_". "Si un bâtiment d'élevage est dégueulasse, il sera toujours sale lors du contrôle", ajoute le vétérinaire.

Défense du modèle français 

"En France, on est quand même en avance sur beaucoup de pays et assez à-cheval sur le bien-être animal. Le jour où il faudra importer toute notre viande, ce sera peut-être avec des conditions sanitaires moins bonnes que chez nous", regrette Yann Le Gac. Pas question non plus pour lui de pointer du doigt les éleveurs français chez qui certaines images ont été tournées : "si des militants viennent dans mon élevage, enlèvent la paille et prennent une photo cadrée comme il faut, ça peut faire pareil !", lance-t-il.

Dans nos élevages, on n'a ni hormone comme chez les hollandais ni dérogations comme l'ont les allemands. Mais c'est nous qu'on matraque ! 

"Un élevage de veau, c'est un sanctuaire, conclut Cédric. On a des normes, on y rentre avec une tenue spécifique pour apporter le moins de germes possibles de l'extérieur. Venir comme le font les membres de L214, ça présente un risque sanitaire, explique-t-il, sans compter le stress que ça peut générer chez les animaux".

"On profite du moment où on leur donne du lait pour les bloquer devant la mangeoire. Ça permet de faire les prises de sang au calme" explique l'éleveur - Radio France
"On profite du moment où on leur donne du lait pour les bloquer devant la mangeoire. Ça permet de faire les prises de sang au calme" explique l'éleveur © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait
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