Agriculture – Pêche

Les accouveurs, premières victimes de la grippe aviaire

Par Camille Labrousse, France Bleu Gascogne et France Bleu mardi 19 janvier 2016 à 12:21

Plus aucun caneton ne verra le jour d'ici le printemps dans les couvoirs
Plus aucun caneton ne verra le jour d'ici le printemps dans les couvoirs © Maxppp

Premier maillon de la chaîne d'élevage des canards, les accouveurs sont les premières victimes des mesures drastiques pour éradiquer la grippe aviaire. Depuis ce lundi 18 janvier, date d'entrée en vigueur de l'arrêté, les couvoirs des 18 départements du Sud-Ouest ne reçoivent plus aucun oeuf.

Aucun oeuf ne franchit la porte des couvoirs depuis ce lundi. Aucune éclosion n'est prévue au moins jusqu'au printemps puisque les canetons ne peuvent plus être accueillis dans les élevages afin d'être gavés.  Les accouveurs sont les premiers touchés par les mesures pour endiguer l'influenza de grippe aviaire puisque dès cette semaine, ils ne peuvent plus rien produire. Le préjudice est énorme à la fois pour les entreprises et pour les salariés. 

Dans la commune de Bonnegarde, dans le sud-est des Landes, le couvoir Ducournau est à l'arrêt pour la première fois depuis 40 ans. Jusque là, 25 000 oeufs y pénétraient chaque semaine. Guy Ducournau est l'un des gérants :

Le matériel a toujours tourné, 365 jours par an. Il n'y a jamais eu d'arrêt. Jamais. 

C'est la première fois aussi que les 25 salariés de l'entreprise se retrouvent désoeuvrés. Régine Ducournau, la gérante a eu beaucoup de mal à le leur annoncer.

Nous avons dû les mettre en activité partielle. Cela a été très douloureux.  

Pour l'instant, deux jours après l'entrée en vigueur de l'arrêté, les oeufs sont toujours dans le couvoir. Les gérants n'arrivent pas à prendre la décision des les faire détruire. D'autant qu'ils n'ont pour le moment aucune nouvelle des services vétérinaires de l'Etat. Plusieurs questions restent en suspens. Que faire des déchets d'abord ? Puis, combien de temps va durer le vide sanitaire ? Les accouveurs réclament une réponse rapide pour savoir quand redémarrer la production des oeufs à temps et en quantité suffisante. 

L'autre requête de Guy et Régine Ducournau, ce sont des preuves de l'efficacité de ces mesures drastiques.

Ce que nous aimerions, c'est comprendre. Comprendre pourquoi de telles décisions ont été prises et sur quelles bases scientifiques. 

Les gérants ont déjà fait le calcul, ils estiment qu'ils vont perdre au minimum 1 million d'euros. 

Reportage dans le couvoir de Bonnegarde

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