Agriculture – Pêche

Les éleveurs s’en prennent à l’enseigne Carrefour à Quetigny

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne mercredi 7 septembre 2016 à 17:39

Les éleveurs ont bloqué les accès du magasin
Les éleveurs ont bloqué les accès du magasin © Radio France - Jacky Page

Dans toute la France, des éleveurs de bovins ont mené ce mercredi 7 septembre 2016 des actions visant l'enseigne Carrefour. Ils reprochent au distributeur d'acheter la viande à un prix trop bas. En Côte-d'Or, c'est l'hypermarché Carrefour de Quetigny qui a été visé.

Une quarantaine d'éleveurs ont empêché les clients d'entrer dans le magasin dont l'entrée a été bloquée avec des chariots emboîtés les uns dans les autres. Sur une large bande plastifiée tendue devant les caisses, une inscription proclamait « un éleveur qui meurt, ce sont 7 emplois qui disparaissent ». A l’entrée du magasin, une banderole affichait « Carrefour voleur ». En cause, le prix d’achat de la viande, jugé outrageusement trop bas par les producteurs. Le kilo de viande leur est payé 3.30€ alors qu’en rayon il s’affiche à 14€. C’est ce qu’a expliqué aux clients Dominique Guyon, responsable de la commission production bovin viande à la FDSEA de Côte d'Or. Si certains consommateurs râlaient en faisant demi-tour avec leur caddie vide, nombreux étaient ceux qui comprenaient le mécontentement des éleveurs. « il faut penser à l’agriculture, notamment locale, et si ça peut les aider, et bien je pense qu’il faut être solidaire », approuvait un père de famille.

Un accord déjà conclu avec Système U

"On voudrait aussi que les grandes surfaces proposent au moins 50% de viande française" ajoutait Jean-Luc, qui élève un troupeau de 140 vaches allaitantes dans le Montbardois. Il a de plus en plus de mal à dégager un revenu de son exploitation. Il doit même emprunter pour nourrir son bétail. Les éleveurs attendent de Carrefour un accord comme celui conclu avec Système U, qui s'est engagé en mai à revaloriser les prix de la viande bovine de 1 euro le kilo pour les races dites à viande (Charolaise, Limousine, Blonde d'Aquitaine). Les éleveurs ont levé le camp en fin de matinée, bien déterminés à rester mobilisés pour obtenir une meilleure rétribution de leur travail.