Agriculture – Pêche

Les gelées menacent vignes et arbres fruitiers champardennais

Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 20 avril 2017 à 10:10

Des chaufferettes antigel dans les vergers
Des chaufferettes antigel dans les vergers - Les Vergers d'Hurtebise

Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a fait jusqu'à -9 degrès à Mourmelon. Les nuits de gelées consécutives risquent d'être fatales aux productions de fruits et de champagne champardennaises.

A - 3 degrés, les fleurs et les fruits naissants résistent encore. En-dessous, leur survie est compromise. Après plusieurs nuits où la température avoisinait ce seuil critique, le mercure est franchement descendu dans la nuit de mercredi à jeudi en Champagne-Ardenne. On a mesuré jusqu'à - 9 degrès à Mourmelon.

Pour lutter contre le gel, Lionel Thiry, producteur de fruits à Guincourt, dans les Ardennes, a allumé 350 chaufferettes sur l'un des 4 hectares de son exploitation. Ce sont des torches de cire posées sur le sol, dans les allées du verger. "Ça permet de gagner 2 à 3 degrés", témoigne l'arboriculteur. "On les a déjà utilisées une fois et ça nous avait permis de sauver 40 % de récolte". En Champagne, des viticulteurs comme les champagnes Doré Léguillette utilisent la méthode de l'aspersion. C'est la glace qui protège les bourgeons !

La situation est d'autant plus critique que les premières feuilles sont apparues sur les vignes, et que pommiers et poiriers sont en fleur, avec deux semaines d'avance sur une saison normale. "Si le pistil gèle, c'est foutu", s'inquiète Lionel Thiry. Des fruits pas plus gros qu'un ongle de petit doigt commencent à se former. Eux aussi restent fragiles. 30% des abricots de Lionel sont déjà noircis.

Une jeune abricot noirci à cause du froid - Radio France
Une jeune abricot noirci à cause du froid © Radio France - Alexandre Blanc

Les fonds de vergers de son voisin, Jean-Michel Thiry, lui aussi arboriculteur, ont souffert. "Sur un arbre, il y a 1000, 2000 ou 3000 fleurs... Qu'est-ce qu'il restera ? On ne sait jamais, on espère toujours". En 1991, les gelées avaient causé la perte de 95% de la récolte de Jean-Michel Thiry.