Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus

"Les marchés ferment, je perds 100% de mes ventes" : le désarroi des agriculteurs en Haute-Garonne

-
Par , France Bleu Occitanie

De nombreux marchés de plein vents ferment en France suite à une décision du gouvernement, sauf dérogations préfectorales. Une décision qui laisse plusieurs professionnels sans solution pour vendre leurs produits.

Étal de Salades
Étal de Salades © Radio France - Franck Daumas

Blanche et Martin Roumagnac sont maraîchers bio à la GAEC du Souledre, à Villematier, en Haute-Garonne. Leur production, ils la vendent sur les marchés de Colomiers (deux fois la semaine) et de Saint-Aubin, à Toulouse. Depuis mardi 24 mars, les trois sont fermés jusqu'à la fin de la crise sanitaire du coronavirus, suite à une décision gouvernementale. La mairie de Colomiers n'a pas souhaité demander de dérogations pour laisser son marché ouvert, celle de Toulouse l'a fait mais le préfet de Haute-Garonne n'a autorisé que les marchés sous halles.

Blanche et Martin Roumagnac n'ont pas de magasin à la ferme. Ils n'ont aucun moyen de vendre leur production, en ce moment des salades, des blettes, des épinards, des oignons, des poireaux. Le week-end dernier, malgré la baisse de fréquentation du marché de Colomiers, ils ont pu vendre deux tiers de leurs produits. Désormais, c'est zéro, "sauf débrouille, comme quand une amie nous laisse son parking pour vendre quelques paniers, mais c'est dérisoire", dit Martin. La perte de revenus est terrible pour les deux exploitants : 3000 euros par semaine.

Des solutions de dernière minute compliquées

"Les marchés de gros, les primeurs revendeurs, ces solutions secondaires là ne vendent plus beaucoup donc ils ne vont pas nous acheter les produits. Il n'y aurait que la grande distribution, mais démarcher prend du temps, et on ne sait pas à combien ils vont nous racheter les produits", poursuit Martin. D'autant que le travail à la ferme ne doit pas s'arrêter, le couple et deux saisonniers sont en pleine plantation de printemps : tomates, courgettes, aubergines, concombres... 

Les annonces (d'Edouard Philippe) elles font un peu mal au ventre, on a appelé la banque pour un report, on espère qu'on pourra en avoir un pour la trésorerie

En attendant, le coule pense à écouler une partie de son stock en le donnant aux Restos du Coeur, une bonne action qui fait du bien au moral mais ne remplit pas la caisse de ces exploitants.

Des centaines d'oeufs invendus ?

Autres commerçants au marché de Colomiers, Thierry et Cathy Bertrand sont dans la volaille. Ils tiennent l'EARL Ferme Pancousse, à Saint-Lys. Eux aussi vendent uniquement "en direct", sur trois marchés : les trois sont annulés. "On a _500 poules pondeuses, donc 400 oeufs par jour, on ne sait pas ce qu'on va en faire_", explique Thierry. "On arrive à en vendre quelques uns, des clients habitués qui viennent directement à la ferme, mais c'est du bricolage". Faute d'acheteurs, les oeufs seront donnés à des organismes ou associations.

Pourtant, lui ne se dit pas à plaindre, par rapport à des maraîchers dont la marchandise ne peut pas se stocker. "D'habitude on vend les volailles vieilles de 14 à 18 semaines, là ce sera 18 à 22". S'adapter, Thierry et Cathy sont forcés de le faire, mais si la situation dure jusqu'après le 15 avril, "ça deviendra compliqué". Pour le moment, ils vont tenter de vendre leurs oeufs à des supermarchés.

La Région lance une plateforme de livraison locale

Dans ce contexte, la Région Occitanie a décidé d'agir en lançant une plateforme de vente par livraison. Les producteurs et commerçants locaux doivent se rendre sur solidarite-occitanie-alimentation.fr et remplir un formulaire. Celui-ci indique les produits proposés à la livraison, les lieux et les jours de livraison. Chaque consommateur pourra ainsi géolocaliser les producteurs et commerçants livrant près de leur domicile, sur une carte interactive, et les contacter par mail ou téléphone afin de passer sa commande. Un espace participatif permettant à chacun de partager ses "bonnes adresses" sera également mis en place.

La Fédération Française des Marchés "abattue"

Bernard Dagand, le coordinateur de la Fédération Nationale des Marchés de France en Occitanie, regrette cette annonce d'Edouard Philippe. Il encourage toutes les mairies à demander des dérogations aux préfets pour sauver les marchés de plein air : " Nous sommes encore abattus par l'annonce de notre Premier ministre [...] On contacte les mairies, nous attendons encore des réponses qui je l'espère seront favorables".

Bernard Dagand, coordinateur Occitanie de la Fédération Nationale des Marchés de France

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu