Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

Les moissons 2016 s'annoncent désastreuses dans le centre de la France

jeudi 21 juillet 2016 à 0:38 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans et France Bleu

Les inondations de début juin et l'humidité dans l'air en mai et juin ont eu de graves conséquences sur les rendements des blés dans le Centre Val de Loire. Dans le Loiret, à certains endroits, on ferait même pire que 1976, année noire pour l'agriculture française.

Un champ de blé en Beauce, près de Pithiviers
Un champ de blé en Beauce, près de Pithiviers © Radio France - Stéphane Barbereau

Orléans, France

Dans cette exploitation de Tigy, au sud-est d'Orléans, on a commencé à couper les blés dimanche dernier. La récolte de colza qui a précédé était déjà très moyenne, celle du blé s'annonce même catastrophique selon Fabrice Roger, agriculteur à la tête d'une exploitation de 200 hectares :

On voit des choses qu'on n'a jamais vu avec des rendements catastrophiques, autour de 4 tonnes/hectare

Fabrice Robert, agriculteur à Tigy (45) - Radio France
Fabrice Robert, agriculteur à Tigy (45) © Radio France - Stéphane Barbereau

"C'est un désastre", ajoute même Jean-Marie Morin, 79 ans, agriculteur à la retraite dans ce même secteur du Val de Loire. Les rendements actuels sont ceux que l'on connaissait à la fin des années 60, début des années 70. C'est dire la gravité de la situation pour des exploitants qui vont perdre de l'argent cette année :

On a travaillé pour rien. Là, on a eu moins 500€ de perte par hectares

Ecoutez le reportage chez Fabrice Roger, exploitant agricole à Tigy

Vu le prix du blé actuel, cet agriculteur s'attend à ce que son son blé lui rapporte 500€ à l'hectare alors que ses charges (engins agricoles, bâtiments, engrais, semences, désherbants,...) se chiffrent à 1000€/hectare.

Inondations et humidité responsables des mauvais rendements

Si l'on en arrive à cette situation, c'est la faute à la météo. Il y a d'abord eu les inondations début juin, dans cette partie du Loiret. Plus du quart des terres de Fabrice Roger ont été noyées, pour certaines pendant deux semaines. Mais il y a eu aussi l'humidité de l'air sur la période mai-juin qui a fait chuter les rendements.

Dans ce champ de blé de Tigy, les moissons ont débuté dimanche dernier - Radio France
Dans ce champ de blé de Tigy, les moissons ont débuté dimanche dernier © Radio France - Stéphane Barbereau

Dans certains épis de blé, on trouve ainsi 4/5 grains alors qu'il n'est pas rare d'en découvrir 40 ou 50. Cette humidité était présente à la période la plus critique de fécondation des blés.

Des rendements divisés par deux par rapport à la normale

A la FDSEA du Loiret, on fait les comptes et on s'inquiète de ce que l'on voit dans les champs au niveau des rendements. Cédric Benoist est le président départemental du syndical agricole :

on sera à 50 voire 60% en-dessous de la moyenne quinquennale, ça dépasse largement 1976 au niveau des dégâts !

Cédric Benoist estime que les moissons 2016 seront pire que 1976, année noire pour l'agriculture

Le syndicaliste agricole prévoit des jours difficiles avec des pertes importantes : "ce sera autour de 700 à 800€ par hectare. Ce qui fait qu'une exploitation moyenne de 130 hectares sera amenée à afficher une perte de 100 000€". Et pour ne rien arranger, ces rendements très faibles ne seront pas compensés par le prix du marché. Le prix de la tonne de blé est très moyen en ce moment :

Aujourd'hui, on a une très bonne récolte en Ukraine, en Russie et aux Etats-Unis. Mondialement, on est un îlôt de perte parmi une montagne d'abondance

Cédric Benoist, président de la FDSEA du Loiret - Radio France
Cédric Benoist, président de la FDSEA du Loiret © Radio France - Stéphane Barbereau

Même si les prix devaient se redresser dans les semaines à venir, ils ne suffiraient pas à compenser les faibles quantités de blé récoltées. Seul moyen pour atténuer ces mauvaises récoltes, attendre la récolte de l'orge de printemps qui interviendra dans une dizaine de jours et qui s'annonce bien meilleure que le blé. A condition que la météo ne joue pas, de nouveau, quelques facéties aux paysans.

Pas de quantité ni de qualité

Si les rendements ne sont pas au rendez-vous cette année, la qualité non plus n'est pas là. Dans les coopératives, pour améliorer une qualité de blé, on pratique des assemblages dans les silos. une technique impossible cette année selon Cédric Benoist :

Les assemblages c'est possible quand vous avez un peu de moins bon sur une masse de très bon. Mais cette année, globalement la masse est mauvaise, donc vous pourrez faire tout ce que vous voulez, on aura beaucoup de mal à rehausser le niveau de qualité

La coopérative de Tigy (Loiret) appartient au groupe Axereal - Radio France
La coopérative de Tigy (Loiret) appartient au groupe Axereal © Radio France - Stéphane Barbereau

Le blé dur est ensuite transformé pour finir en semoule ou pâtes dans les rayons des hypermarchés. Si la quantité et la qualité ne sont pas au rendez-vous, la France va sans doute de voir importer du Canada cette année de manière plus importante que les années précédentes. Quant aux conséquences de ces mauvaises récoltes sur le prix final des paquets de pâte ou de semoule, il est trop tôt pour évoquer une flambée des prix. On semble se diriger, au pire, vers un statut quo compte tenu des bonnes récoltes dans le reste du monde.