Agriculture – Pêche

Creuse : 25% de récoltes de blé en moins

Par Thomas Schnell, France Bleu Creuse lundi 1 août 2016 à 17:30

Pendant la récolte, les agriculteurs, juchés sur leurs moissonneuses batteuses, constatent bien que le rendement du blé est faible.
Pendant la récolte, les agriculteurs, juchés sur leurs moissonneuses batteuses, constatent bien que le rendement du blé est faible. © Radio France - Thomas Schnell

Les moissons s'achèvent, les pertes sont importantes pour les cultivateurs, jusqu'à 50% pour certaines parcelles. Dans l'est Creusois, certains membres du Groupement d'Intérêt Economique des producteurs de blé du plateau d'Evaux ne savent même pas si ils pourront couvrir leurs coûts de production.

Les moissons ont commencé depuis une dizaine de jours dans cette partie du département. Le Groupement d'Intérêt Economique (G.I.E.) des producteurs de blé du plateau d'Evaux-Les-Bains a déjà réalisé 90% de ses récoltes. Bilan :  il manque en moyenne 25% de la production moyenne, et certaines parcelles enregistrent une baisse de rendement de moitié.

"Le blé a fleuri dans la flotte" 

Les rendements sont très hétérogènes selon les parcelles. Certains agriculteurs ont perdu 50% de leur récolte. En cause, une météo trop capricieuse. Pour pousser normalement, le blé a besoin d'un temps sec et de pluies régulières. Mais les six premiers mois de cette année ont été parmi les plus pluvieux depuis le début des relevés météo. La pluie n'a pas cessé de tomber. Avec toute cette humidité les maladies se sont développées rapidement et le manque de luminosité a ralenti la croissance du blé.

La récolte a bien commencé, on travaille vite et au vu des prélèvements la qualité sera bonne, le problème c'est que les rendements ne sont pas au rendez vous, dit Eric Nord, exploitant du G.I.E.

L'année 2015 avait été exceptionnelle, les récoltes étaient abondantes et d'une bonne qualité. Cette année, seule la qualité est là et c'est essentiel puisque les producteurs vendent leur blé certifié de qualité meunière.  Cette qualité est importante pour espérer un bon prix. Mais à ce niveau là c'est l'incertitude totale : ils ne connaissent pas encore le prix de vente de leur blé, ils ne savent donc même pas si ils vont pouvoir couvrir leurs coûts de productions.

Sur cette parcelle, 20% de récolte en moins. Après le passage de la moissonneuse batteuse, c'est le round baller qui prend le relais pour emballer la paille qui reste.  - Radio France
Sur cette parcelle, 20% de récolte en moins. Après le passage de la moissonneuse batteuse, c'est le round baller qui prend le relais pour emballer la paille qui reste. © Radio France - Thomas Schnell

Le G.I.E est présidé par Olivier Tourand, comme beaucoup il est exploitant céréalier et éleveur de bovins. Depuis l'an dernier les prix de la viande et du lait ne cessent de chuter. La situation est très difficile pour beaucoup d'exploitants, ils espéraient pouvoir compter sur les céréales pour compenser les pertes. Ce ne sera même pas le cas.

L'heure est à la moisson, les agriculteurs sont déçus des récoltes. Reportage sur le plateau Evahonien.

Le problème c'est que maintenant il ne pleut plus. Le mois de juillet a été très peu arrosé, les pluies ont été quasiment absentes du département. On a battu des records de précipitation, à Guéret il est seulement tombé 2 millimètres au mois de juillet, soit 2 litres d'eau au mètre carré. Normalement il tombe au moins 60 millimètres. Et les agriculteurs risquent de manquer d'eau et de nourriture pour leur bétail et leurs autres plantation. Le maïs, qui a besoin de beaucoup d'eau lors de sa floraison, sera la première victime de cette sécheresse.

Quelques mots sur le G.I.E. d'Evaux

Le G.I.E. existe depuis 1999, il rassemble 18 exploitations agricoles qui comptent en tout une centaine de parcelles. Tous les exploitants cultivent leurs champs puis stockent leurs récoltes dans d'immenses silos à grain tous ensemble. Les silos sont situés dans le hameau de La Ribière, à la frontière des communes d'Evaux-Les-Bains et de Chambonchard. De là les récoltes sont vendues à plusieurs meuniers, des partenaires historiques qui utilisent leur blé pour la farine de leurs pains, dont la Limousette notamment.