Agriculture – Pêche

Les perdrix grises de Bourgogne sauvées par leurs cousines du Nord !

Par Adeline Tavet, France Bleu Bourgogne samedi 3 septembre 2016 à 18:30

Une perdrix sauvage (entre ses pattes, un poussin !)
Une perdrix sauvage (entre ses pattes, un poussin !) - Mélody Schwaab - FDC21

La perdrix grise sauvage a pratiquement disparu des plaines de Côte-d'Or. La Fédération des chausseurs a appelé ses collègues du Pas-de-Calais à la rescousse pour pallier cette disparition.

Les perdrix grises ont déserté les champs céréaliers de Bourgogne... Depuis plusieurs années, la population de ces oiseaux est en chute libre, mais cette année a été particulièrement destructrice. "Ces oiseaux ont une espérance de vie de 18 mois", explique Jean-Marc Belin, vice-président de la Fédération départementale des chasseurs. "Donc une année sans couvée peut avoir des conséquences dramatiques"

Les pluies du printemps, fléau pour les perdrix

Le mauvais temps du printemps 2016 a porté un gros coup aux perdrix grises : "Les premières semaines après l'éclosion, ces oiseaux sont exclusivement insectivores", détaille Jean-Marc Belin. "Or, qui dit fortes pluies dit forts besoins caloriques... mais aussi absence d'insectes !" À ce printemps dramatique, il faut ajouter la faiblesse naturelle des perdrix grises bourguignonnes : depuis des dizaines de générations, elles sont issues de souche d'élevage, ce qui leur a fait perdre une partie de leur faculté de couvaison, et a émoussé leurs réflexes anti-prédateurs.

"On a fait venir des perdrix sauvages... On peut à peine s'approcher des cages !"

Pour repeupler les champs bourguignons, les chasseurs de Côte-d'Or ont donc fait appel à leurs homologues du Nord de la France. "On a fait venir des œufs du Pas-de-Calais", explique Maxime Coppere, technicien petit gibier à la Fédération. "Ce sont vraiment des perdrix sauvages ! On peut à peine s'approcher des cages : elles battent des ailes, elles se jettent contre les barreaux..." Chaque année, les chasseurs relâcheront dans les champs une partie des portées de l'année précédente. L'autre partie est conservée en élevage, afin de produire d'autres œufs, et ainsi de suite. "Bien sur, le repeuplement prendra plusieurs années", tempère Maxime Coppere. "Mais on est confiant : ça va marcher !"

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