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Agriculture – Pêche

Les pommes de terres du Nord, plus petites et plus chères

mercredi 12 septembre 2018 à 8:23 Par Valentine Joubin, France Bleu Nord et France Bleu

A cause de la sécheresse et de la canicule estivales, les pommes de terres seront moins nombreuses et plus petites cet automne. Les cultivateurs s'attendent à une baisse de 10 à 15% de leur rendement et les négociants à une hausse du prix de la frite.

Bertrand Achte, cultivateur de Bourbourg dans le Nord, récolte des pommes de terre trop petites pour l'industrie.
Bertrand Achte, cultivateur de Bourbourg dans le Nord, récolte des pommes de terre trop petites pour l'industrie. © Radio France - Valentine Joubin

Nord, France

Savourez bien vos frites cet automne car elles risquent de vous coûter plus cher à partir de l'hiver. La récolte de pomme de terre, qui va commencer d'ici trois semaines pour la plupart des cultivateurs du Nord Pas-de-Calais, s'annonce très mauvaise. A cause de la chaleur et de la sécheresse, les tubercules sont plus petits et moins nombreux, ce qui devrait faire baisser les rendements des cultivateurs de 10 à 15%.  Les industriels pourraient reporter cette perte sur les consommateurs.

Des pommes de terre mutantes

En trente ans d'activité, François Sens n'a jamais vu ça, "une pomme de terre avec au bout un germe et une petite pomme de terre qui vient par dessus. C'est pas logique". A trois semaines de la récolte, les tubercules devraient terminer leur croissance et non pas germer. "A la conservation on a peur qu'ils deviennent tout mous, qu'ils n'aient plus de chaire", s'inquiète l'agriculteur de Wallon-Capell, près d' Hazebrouck.    Le responsable c'est le cocktail météo de cet été, un temps chaud et sec suivi par des orages "la pomme de terre allait presque mourir et puis elle a refleuri d'un coup!", se désespère François Sens. 

La récolte 2018 sera forcément mauvaise pour les cultivateurs du Nord Pas-de-Calais prévient Bertrand Achte, président du GAPPI, le Groupement d'Agriculteurs Producteurs de pommes de terre pour l'Industrie McCain : "il va manquer entre 10 et 15% de pommes de terre par rapport à la moyenne sur cinq ans et surtout elles seront plus petites et de moins bonne qualité". La production risque de ne pas correspondre aux attentes des fabricants de frites mais les agriculteurs ont prévenu leurs clients et les contrats devraient être assouplis.

A cause de la sécheresse et de la canicule, les plants deFrançois Sens, cultivateur à Wallon-Capell, ont germé avant même de terminer leur croissance. - Radio France
A cause de la sécheresse et de la canicule, les plants deFrançois Sens, cultivateur à Wallon-Capell, ont germé avant même de terminer leur croissance. © Radio France - Valentine Joubin

Les prix varient du simple au double

"Chez Mc Cain on reprend le volume qui existe sur l'exploitation, on ne réclame pas le manque", assure Christian Vanderheyden, directeur des approvisionnements chez McCain. Le risque de pénalité financière pèse, beaucoup plus sérieusement, sur ceux qui vendent leurs pommes de terre aux industriels belges ou hollandais. "Pour l'instant, ils n'ont pas fait de concession. Si on arrive pas à honorer notre contrat on ne sait pas si on va devoir acheter nos pommes de terre ailleurs", s'inquiète François Sens. L'exploitant pourrait en effet être obligé de racheter les stocks manquants à un confrère qui n'est pas sous contrat, "ce sera à un prix phénoménal".

Avec la mauvaise récolte, la tonne de pomme de terre pourrait s'envoler à 250 euros la tonne sur le marché, contre 100, 150 euros pour les agriculteurs sous contrat. Les exploitants en libre, comme Nicolas Loingeville installé à Bourbourg dans le canton d'Hazebrouck pourraient bien tirer leur épingle du jeu. "Ce sera intéressant mais tant qu'on les a pas rentrés, qu'on les a pas vendus on peut très bien avoir des surprises d'ici la vente", tempère ce responsable de la FDSEA du Nord.  Incertain aussi est le prix du filet de pomme de terre pour le consommateur. Il y aura une hausse préviennent les négociants. Mais ils refusent de donner une estimation face à une crise inédite, disent-ils, et qui touche encore davantage la Belgique, la Hollande et l'Allemagne.