Agriculture – Pêche

Les producteurs français d'huile d'olive parlent d'une récolte "catastrophique"

Par Marina Cabiten, France Bleu lundi 19 juin 2017 à 15:18

65% de l'huile d'olive française est produite en Provence, ici à Nice
65% de l'huile d'olive française est produite en Provence, ici à Nice © Maxppp - Francois VIGNOLA

Les chiffres de la production d'huile d'olive annoncé lundi par les représentants du secteurs sont "catastrophiques". Ils alertent sur le vieillissement des oléiculteurs et sur leurs méthodes.

La production d'huile d'olive française, produite à 65% dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, devrait péniblement atteindre les 3.200 à 3.400 tonnes pour 2016-17 contre 5.000 tonnes en moyenne entre 2005 et 2010. Des chiffres qualifiés de "catastrophiques" dans un rapport de l'interprofession Afidol diffusé lundi.

Appel à la remise en question chez les oléiculteurs

C'est "la même quantité qu'en 2000, à un détail près, nous avons, depuis vingt ans, planté 7.000 hectares d'oliviers", se désole le président Olivier Nesles, producteur près d'Aix-en-Provence. "Ce sont nos méthodes de production qu'il faut remettre en cause", selon lui. Il souligne en particulier le vieillissement des oléiculteurs, la perte de savoir-faire et le manque d'anticipation par rapport au changement climatique.

Une concurrence rude

Alors que la production explose dans toute la Méditerranée, Italie, Espagne, Maroc, Tunisie, Grèce et Portugal, la production française ne représente que 4% de la consommation nationale, avec 200 litres d'huile produits à l'hectare en moyenne ces six dernières années. Ces maigres récoltes en France, récurrentes depuis 2011, ont entraîné une envolée des prix jusqu'à atteindre 13 voir 14 euros le litre, voire jusqu'à 25 euros le litre au tarif vendu au consommateur.

Les marchés, conquis à la fin de la décennie précédente sont perdus les uns après les autres. Les volumes vendus par les moulins chutent, parfois remplacés par des produits rentrés d'Espagne ou d'Italie pour permettre aux moulins de survivre" - Olivier Nesles

Il poursuit : "Toutes les plantations réalisées entre 1998 et 2005 n'arrivent pas à compenser les pertes de production dues à une addition de facteurs: changement climatique, augmentation de la présence des nuisibles à l'olive (mouche...), augmentation du nombre d'oliveraies bio (moins productives), vieillissement des oléiculteurs, diminution de l'entretien..."

Sur 35.000 oléiculteurs français, près de 10.000 sont des professionnels, les autres travaillant sur des vergers familiaux.