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Agriculture – Pêche DOSSIER : Le pourquoi du comment

Les questions que l’on se pose sur la culture du colza dans l’Yonne

vendredi 27 avril 2018 à 4:04 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Depuis quelques jours, ses fleurs habillent les paysages de l'Yonne d'un beau jaune vif. Pourtant, les cultivateurs n'ont pas forcément le sourire : la filière colza est aujourd'hui sous pression.

Les champs de colza sont en fleurs. (photo d'illustration)
Les champs de colza sont en fleurs. (photo d'illustration) © Maxppp - SIMON DAVAL

Cela fait déjà plusieurs semaines que les campagnes de l'Yonne se colorent d'un beau jaune vif : ce sont les champs de colza qui sont en fleur. Le colza est la troisième culture de l'Yonne, derrière le blé et l'orge.

Pourquoi cette plante a-t-elle connu un si gros développement dans notre département ?

D'abord parce que c'est une plante pratique. Elle pousse sur des sol

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 à "faible potentiel", soumis à des risques de sécheresse, notamment. On la plante en août et elle reste en terre pendant plus de 10 mois, jusqu'à la récolte, vers la mi-juin.

C'est aussi une très bonne tête de rotation. C'est-à-dire une plante qu'on cultive en début de cycle, avant, les années suivantes, de planter du blé ou de l'orge par exemple. Ça permet d'éviter les monocultures qui ont tendance à fatiguer les sols.

Enfin, c'est une plante qui a plusieurs débouchés : pour l'alimentation et surtout pour les bio-carburants... Et c'est grâce au boom de ces carburants verts, dans les années 90, que la filière s'est développée. Dans toute la France, les surfaces agricoles dédiées au colza ont été multipliées par trois en 30 ans.

A quoi sert le colza ?

L'intérêt du colza, c'est qu'on peut en faire beaucoup de choses. Les graines sont d'abord triturées, c'est à dire qu'elles sont broyées et pressées pour en extraire de l'huile. Ce qui reste, et qu'on appelle "le tourteau" sert à l'alimentation animale.

60 % de l'huile produite sert à faire des biocarburants. Le reste est utilisé pour l'huile de table. On peut aussi en extraire de la glycérine, qui entre dans la composition de certains cosmétiques ou de certains médicaments.

Pourtant aujourd'hui, les producteurs de colza sont inquiets, notamment à cause de nouvelles règles sur le bio-carburant ?

L'Europe et la France ont changé les règles sur les bio-carburants dits de première génération (ceux fabriqués avec des plantes comme le colza, le tournesol ou la betterave par exemple). Pourquoi ? Eh bien parce que la production de ces biocarburants entre en compétition avec la production alimentaire. Bruxelles souhaite donc plutôt développer les bio-carburants de seconde génération, produits à partir de végétaux non-alimentaires : déchets agricoles, bois ou résidus forestiers...

Autre difficulté pour les producteurs de colza : la concurrence des productions étrangères, notamment les colzas d'Amérique du Sud. Et puis la concurrence des autres huiles végétales moins chères, notamment l'huile de palme. Résultat : la filière industrielle du colza est aujourd'hui mise à mal. Certaines usines de transformation sont même menacées de fermeture faute de rentabilité suffisante. C'est le cas par exemple de l'usine du Mériot, dans l'Aube, qui traite 90% du colza cultivé dans l'Yonne.

Est-ce que c'est une culture qui pourrait disparaître ?

"Non", dit-on à la chambre d'agriculture de l'Yonne. Le colza est bien implanté et on sait le cultiver. Il restera donc toujours dans nos champs, mais peut-être sur des surfaces un peu plus limitées. En 2016, pour la première fois depuis plusieurs années, on est d'ailleurs passé en dessous de la barre symbolique des 70 000 hectares cultivés. On est à 66 700 exactement.

Le pourquoi du comment sur le colza - par Delphine Martin

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