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Agriculture – Pêche

Les sangliers sont un fléau pour les agriculteurs ligériens

lundi 3 septembre 2018 à 5:38 Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire

C'est un problème qui s'amplifie depuis une dizaine d'années dans la Loire : les dégâts causés par les sangliers, notamment dans les champs de maïs. La FDSEA demande aux chasseurs de prendre leurs responsabilités et de mieux contrôler la population.

Dans sa parcelle, Rémy Liotier ne peut que constater les dégâts
Dans sa parcelle, Rémy Liotier ne peut que constater les dégâts © Radio France - Mathilde Montagnon

Gumières, France

À Gumières, à l'ouest d'Andrézieux-Bouthéon, les champs du GAEC de Gruel sont régulièrement pris pour cible par les sangliers. Au milieu de sa parcelle, Rémy Liotier ne peut que constater les dégâts : "Ils passent toutes les nuits. Ça n'a pas été cassé en une seule fois. Là, il y a au moins 400 m². Le problème c'est qu'ils en couchent, il y a encore des poupées mais ils ne s'emmerdent pas à manger celles-ci. Ils reprennent du maïs à côté et ils en recouchent.

Les sangliers ne mangent parfois que la moitié de la "poupée" avant de s'attaquer à un autre plant - Radio France
Les sangliers ne mangent parfois que la moitié de la "poupée" avant de s'attaquer à un autre plant © Radio France - Mathilde Montagnon

10% de sa production de maïs est détruite en moyenne tous les ans. Un coût financier malgré les indemnisations mais surtout un coup au moral : "Des bêtes nuisibles viennent détruire nos cultures toutes les années et psychologiquement c'est dur." Rémy Liotier se sent impuissant, il dit que c'est impossible de protéger ses champs avec un grillage. "Nous, c'est infaisable parce qu'on a un parcellaire très morcelé. Ça nous coûterait trop cher". 

Il y a deux ans, Rémy a craqué. Il a installé une cage pour piéger les sangliers qui mangeaient ses réserves : "On n'a pas le droit et j'ai été dénoncé par des chasseurs. Je suis passé devant le tribunal et j'ai payé une amende. Sachant que la cage était sur mes silos de maïs, sur mes terrains privés et sur mon lieu de stockage pour l'aliment des bêtes. Je suis allé voir plusieurs fois les chasseurs mais ils ne faisaient rien et au bout d'un moment on essaye de trouver des solutions même si elles ne sont pas toujours dans la légalité".  Rémy Liotier a été condamné à 1.800 euros d'amende. Aujourd'hui, il demande encore et toujours aux chasseurs de prendre leur responsabilités.

Reportage de Mathilde Montagnon

Pour la présidente de la section dégâts de gibier de la FDSEA de la Loire, Madeleine Chaut, la mobilisation des chasseurs est urgente. Madeleine Chaut est également agricultrice à Chazelles-sur-Lavieu : "Ça fait une dizaine d'années que ça augmente de façon exponentielle. Il y a de plus en plus de dégâts et il y en a de plus en plus sur l'ensemble du département". Des dégâts indemnisés par la Fédération de chasse, à hauteur de 140 000 euros en moyenne tous les ans dans la Loire. Mais les indemnités ne couvrent pas toutes les pertes selon la FDSEA. 

Madeleine Chaut souligne que les agriculteurs traversent déjà de nombreuses difficultés climatiques et économiques actuellement et que les dégâts causés par les sangliers sont "horripilants". Et d'insister sur le rôle des chasseurs : "Nous ce qu'on voudrait c'est qu'il y ait une maîtrise de la population. Là, ça augmente d'année en année. Déjà les dégâts qu'on a sont largement suffisants. On ne veut pas zéro sanglier. Mais on veut que les dégâts soient acceptables. Quand on a deux-trois coups de nez dans un champ, c'est acceptable mais quand la moitié de la parcelle est retournée, on n'en peut plus. Il faut que les chasseurs prennent leur rôle de régulateur. Il y a des endroits où on voit 25 sangliers à la fois. Ça fait des dégâts monstrueux". 

Madeleine Chaut trouve que les dégêts sont "horripilants"

Le mardi 28 août 2018, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a rencontré le secrétaire d'État à l'écologie Sébastien Lecornu pour le sensibiliser à cette question. 

Elle a lancé le hashtag #SanglersChallenge pour inciter les fédérations départementales à tweeter des photos de dégâts causés par les sangliers pour faire pression sur le gouvernement sur cette question.