Agriculture – Pêche

Les trufficulteurs picto-charentais craignent l'arrivée des truffes espagnoles sur le marché français

Par Félix Mathieu, France Bleu La Rochelle et France Bleu lundi 25 janvier 2016 à 5:22

La truffe espagnole se vend deux fois moins cher que la française.
La truffe espagnole se vend deux fois moins cher que la française. © Radio France - Félix Mathieu

Producteurs et amateurs de truffe se donnaient rendez-vous ce dimanche à Jarnac en Charente, pour le salon régional de la filière. L'occasion de faire ses emplettes, de partager un repas, d'acheter ses plants de chênes truffiers. Mais aussi d'évoquer l'actualité économique de la truffe.

Il attendait environ 500 personnes des quatre coins du Poitou et des Charentes hier, pour ce salon régional. Régis Mesnier, président du syndicat des trufficulteurs de Charente, semblait d'humeur plutôt légère. Mais la mine se fait plus soucieuse, lorsqu'il évoque la truffe espagnole.

Le prix du marché ne sera pas le notre demain, mais ça sera celui des espagnols. Il nous faut réagir, restructurer notre filière" - Régis Mesnier

Autour de 250 euros le kilo de truffe espagnole. Soit environ deux fois moins que leurs congénères  hexagonales, pour une qualité égale. Ces truffes qui nous viennent d'au delà les Pyrénées sont surtout présentes dans le sud-est de la France. Mais elles arrivent aussi désormais en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Pour Régis Mesnier, le marché truffier hexagonal n'aura d'autre choix que de s'aligner. Quitte à perdre en folklore, comme il le dit, au profit d'un peu de rationalisation, comme les Espagnols. "Ils ont organisé de grandes exploitations de 15, 20, 30 hectares. Structurées de manière quasi-industrielle, avec une automatisation de l'arrosage et du travail du sol".

Parmi les trufficulteurs présents  à ce salon, la plupart s'y sont mis en complément d'une autre activité sur une parcelle d'une poignée d'hectares, ou même dans leur jardin pour occuper leur retraite. Mais cette concurrence internationale pose selon Régis Mesnier la question de l'économie de la filière, au delà de son aspect amateur. Et parmi les atouts hexagonaux, il cite les travaux poussés de l'institut national de la recherche agronomique en matière de trufficulture.

Plants de chênes truffiers

En matière de truffe, si beaucoup ont en tête l'image du chasseur-cueilleur accompagné de son chien ou - mieux - de son cochon dans ses déambulations sylvestres, le précieux condiment peut aussi être cultivé. La preuve avec ce stand de plants de chênes truffiers présent au salon. S'y bousculaient les amateurs aussi bien que les trufficulteurs (semi) professionnels. Les plus chanceux obtiennent plusieurs dizaines de kilos de truffes par hectare et par saison.

Les truffes, ça se cultive - reportage Félix Mathieu

Radio France
© Radio France - Félix Mathieu

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