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Agriculture – Pêche

Les ventes de Muscat en baisse de 5% par an

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Par , France Bleu Roussillon

C'est un vin emblématique du Roussillon qui peine désormais à se vendre : le Muscat n'a plus la cote. Certains producteurs songent à changer de cépage pour continuer à vivre de leur activité. D'autres misent sur les salons et les dégustations pour convaincre les consommateurs.

Les ventes de Muscat diminuent de 4 à 5% chaque année.
Les ventes de Muscat diminuent de 4 à 5% chaque année. © Maxppp - Michel Clementz/L'INDEPENDANT

Rivesaltes, France

4 à 5% de bouteilles vendues en moins chaque année : depuis 2012, le Muscat a du mal à se faire une place à table, selon la chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales. Ce vin typique du Roussillon dont la production s'écoulait sans difficulté il y a vingt ans n'est plus privilégié par les consommateurs.

Nouvelle concurrence

"Les ventes sont en baisse constante depuis 20 ans car ça ne correspondait plus à des habitudes de consommation, à l'apéritif", indique Roger Torreilles, président du syndicat de producteurs de Muscat de Rivesaltes. 

La filière a subi de plein fouet la mode des vins aromatisés depuis 2011 : "Ça a mis sur le marché 30 millions de bouteilles qui ont pris une petite partie du marché du Muscat. On a dû revoir notre production à la baisse, de 95.000 à 85.000 hectolitres"

"La clientèle a changé et le Muscat est passé de mode, il y a plutôt un engouement pour les cocktails", reconnait Frédérique Barriol-Montès, viticultrice à Trouillas. Récupérer des consommateurs qui délaissent ce produit est d'autant moins évident que le prix des bouteilles a augmenté, malgré la baisse de la demande, pour mieux rémunérer les producteurs. "De 2001 à 2008 on vendait l'hectolitre à 200 euros. En 2014, on est passé à 230 euros, et ça a bondi à 250 euros l'an dernier", explique Etienne Montès, viticulteur.

2018, année sinistrée

Dans le cadre de la loi Egalim, les syndicats de viticulteurs ont renégocié les prix de vente du Muscat à la grande distribution en 2018. "Certains de nos produits n'étaient plus mis en rayon à ce moment là, car les magasins refusaient notre demande de hausse de rémunération", explique Roger Torreilles. 

La grande distribution est pourtant indispensable à la survie du marché : 10 millions de bouteilles de Muscat de Rivesaltes y sont distribuées chaque année dans toute la France. Deux millions n'ont pas été vendues l'an dernier à cause de ce bras de fer. Roger Torreilles refuse pourtant tout alarmisme : "Ça a permis au Muscat d'être revalorisé", assure-t-il.

Réinventer le Muscat, une solution ? 

Entre les effets de mode et le coût plus élevé de certains cépages (ceux à petits grains notamment), les producteurs se creusent la tête pour rendre le Muscat de nouveau populaire. "Nous avons essayé de changer les habitudes de consommation, explique Roger Torreilles, en proposant des cocktails mixant du Muscat et du tonic par exemple. Ça permet de rivaliser avec d'autres produits "tendance", mais ça prend du temps"

Le Département a tenté de faire de la publicité pendant l'été, auprès des touristes notamment, mais ça n'est pas suffisant, selon Etienne Montès et Frédérique Barriol-Montès. Selon elle, "il faut faire connaitre davantage le Muscat dans notre région. Il ne suffit pas d'un slogan comme 'L'apéro, ici, c'est Muscat' ! On devrait s'inspirer de la campagne de communication des Côtes-du-Rhône qui a relancé leur communication."

"Quand on fait des salons, le Muscat fait partie de nos meilleures ventes. Les gens nous disent que ça n'a rien à voir avec ce qu'ils achètent en supermarché, assure Frédérique. Des bouteilles à 4,50 euros, c'est bien, mais ce n'est pas la même qualité"

Faute de communication adéquate, certains viticulteurs commencent à arracher les pieds de Muscat car pas assez rentables. Frédérique Barriol-Montès prévient : si ça continue, "des vignerons comme nous sont condamnés à disparaître"