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Agriculture – Pêche

Les viticulteurs bio rassurés en Gironde: ils pourront continuer à utiliser le cuivre

mercredi 28 novembre 2018 à 17:21 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Certains pays réclamaient son interdiction : l'Union Européenne vient de prolonger de sept ans l'autorisation du cuivre dans l'agriculture, malgré les risques de pollution des sols qu'il engendre. Un soulagement pour les 650 viticulteurs bio de Gironde, qui s'en servent pour lutter contre le mildiou

Une vigne bio à Sainte-Foy-la-Grande
Une vigne bio à Sainte-Foy-la-Grande © AFP - Georges Gobet

Bordeaux, France

C'est une petite victoire pour les 650 viticulteurs bio de Gironde: l'Union Européenne va prolonger de 7 ans l'autorisation du cuivre dans l'agriculture. Les experts des Etats membres se sont prononcés pour cette prolongation à partir de février 2019, lors d'un vote qui s'est tenu mardi à Bruxelles. 

Cette autorisation intervient, alors que l'Agence européenne pour la sécurité des aliments avait mis en avant les risque qu'entraînaient l'utilisation de composés issus du cuivre, en particulier pour la pollution des sols. Certains pays de l'Union demandaient même son interdiction totale.

Le cuivre, alternative aux pesticides, est l'un des rares produits autorisés en agriculture bio, et il est utilisé dans le vignoble girondin , mélangé à de la chaux sous forme de "bouillie bordelaise", pour lutter contre les ravages du mildiou. Cette décision est malgré tout assortie d'un abaissement d'environ un tiers du seuil maximal autorisé. Cette homologation est désormais limitée à quatre kg par hectare et par an , au lieu de six auparavant. 

Seule alternative aux pesticides, selon les producteurs bio 

Pour Sylvie Dulong, viticultrice bio à St Emilion , secrétaire nationale viticulture de la Fédération Nationale de l'Agriculture biologique , et présidente de la Fédération Régionale de l'Agriculture biologique Nouvelle-Aquitaine, "cette décision pour laquelle nous avons oeuvré, va dans le bon sens, pour plusieurs raisons : d'abord, cette nouvelle autorisation porte sur sept ans, et non pas cinq comme le demandait le gouvernement français, d'autre part, nous avons obtenu un lissage, c'est à dire la possibilité d'augmenter les doses en année de forte pression du mildiou, et de réduire ces doses en cas de météo plus clémente. 

Nous ne nions pas que l'accumulation du cuivre dans les sols peut être toxique, mais ce n'est pas un problème dans les sols vivants. Il est encore incontournable, si on veut changer sa façon de cultiver la vigne - Sylvie Dulong, présidente de la Fédération Régionale de l'Agriculture biologique. 

"Ne réduisons pas l'agriculture biologique à cet usage du cuivre" Sylvie Dulong, présidente de la Fédération Régionale de l'Agriculture biologique

Sylvie Dulong reconnaît en revanche que l'abaissement des doses maximales ."Nous réduisons déjà les quantités que nous utilisons, mais nous espérons que les années où nous sommes soumis à la pression du mildiou ne vont pas se succéder. Cela veut dire aussi  accompagner  les viticulteurs qui passent au bio pou les aider à utiliser le cuivre de la manière la plus efficace possible". Ils sont plus d'une centaine cette année en Gironde à avoir engagé une conversion en bio. 

Une feuille de route avec le Ministère de l'Agriculture 

Cette décision a également été saluée par Didier Guillaume, le ministre français de l'agriculture, " une décision conforme aux demandes de la France qui a bataillé pour l'obtenir," mais il a également souhaité que le pays anticipe et prépare la diminution de l'utilisation de sulfate de cuivre dans l'agriculture, notamment biologique. Une feuille de route doit être à présent élaborée, elle visera notamment à diffuser les bonnes pratiques pour arriver à cette diminution,  la formation des acteurs et la recherche et le développement en la matière. "Des moyens doivent être dégagés pour tenter de trouver des alternatives à l'usage du cuivre"; insiste la viticultrice girondine.