Agriculture – Pêche

Les viticulteurs manifestent au péage de Grand Gallargues sur l'A9

Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault et France Bleu mardi 17 janvier 2017 à 15:45

Une citerne de vin présumé espagnol déversée sur l'A9 mardi matin
Une citerne de vin présumé espagnol déversée sur l'A9 mardi matin -

Nouveau coup de semonce des viticulteurs. Ils ont mené deux actions à Narbonne lundi soir, et au péage de Grand Gallargues mardi matin. Ils protestent contre les importations de vin espagnol à prix cassé.

Ils ne supportent plus de voir ce vin espagnol à bas prix inonder le marché français et le font savoir depuis des mois. Ce mardi matin, les viticulteurs du Gard se sont plantés au péage de Grand Gallargues sur l'A9, décidés à intercepter ces chargements venus de l'autre côté de la frontière.

Ils se sont levés tôt. Partis de Nimes à 6h pour une première action sur une plateforme d'embouteillage et conditionnement de l'enseignement Carrefour. Pas de camion espagnol sur place. Puis direction l'A9, au péage de Grand Gallargues.

Ils ont finalement intercepté un semi-remorque transportant selon eux du vin espagnol chargé à Sète. Ils ont vidé l'intégralité de son contenu sur la chaussée, provoquant au passage d'importantes difficultés de circulation.

"Des vins traités avec des produits interdits en France depuis plus de 10 ans" - Mathieu Manetti

Une action à l'appel des Jeunes viticulteurs du Gard, pour dénoncer l'importation de vins espagnols à prix cassés. "Une concurrence directe", s'indigne Mathieu Manetti, viticulteur à son compte depuis huit ans. "Les négociants font entrer des vins de faible qualité, à très bas coût et traités avec des produits interdits en France. Si on continue sur cette lancée, l'année prochaine on ne gagnera plus d'argent".

"Pourquoi faire entrer des vins traités avec des produits interdits en France?". Mathieu Manetti, viticulteur

D'après le syndicat, les importations sont en hausse constante, au prix de 35 euro l'hectolitre, soit deux fois moins qu'un vin français très bas de gamme. "En attendant dans nos caves, le vin reste. Il n'est pas retiré donc pas payé", explique Anaïs Amalric, co-présidente des Jeunes agriculteurs du Gard et viticultrice à Foissac, près d'Uzès. "C'est une concurrence déloyale car les charges (en Espagne) sont moins importantes, et en raison des normes phytosanitaires", plus souples qu'en France.

"Une tromperie pour le consommateur"

C'est aussi un mensonge fait, selon elle, aux consommateurs dans les rayons des grandes surfaces. "Quand on voit qu'il est écrit "vin de table", qui est une labellisation française, ou ces étiquettes avec des noms franco-français alors que c'est du vin espagnol, on trouve ça inadmissible", poursuit Anaïs Amalric.

"Une concurrence déloyale". Anaïs Amalric, viticultrice à Foissac

C'est aussi une crise qui en rappelle une autre : quand il y a 10 ans, les viticulteurs manifestaient déjà sur l'A9 en déversant le contenu des citernes espagnoles. Les invendus, l'arrachage à grande échelle. "Pas question de revivre ça", promet la jeune viticultrice.

"On a peur de revivre cette crise d'il y a 10 ans. Là c'est les prémisses". Anaïs, viticultrice.

Une autre action a été menée lundi soir dans l'Aude : une citerne de vin d'un camion espagnol a été entièrement vidée, sur le parking d'une grande surface. Action signée d'un tag du CAV, le Comité d'Action Viticole.