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Agriculture – Pêche

Levée de l'embargo chinois : une belle opportunité pour les éleveurs bovins en Mayenne ?

mercredi 10 janvier 2018 à 17:33 Par Martin Cotta et Justine Guitton-Boussion , France Bleu Mayenne

Cette semaine Emmanuel Macron, en visite officielle en Chine, a annoncé que ce pays lèvera totalement son embargo sur la viande bovine française. Depuis 2001 le marché chinois est fermé à la France à cause de la vache folle Une opportunité pour les éleveurs de la Mayenne.

Jérôme Berthelot et Sylvain Rousselet, deux éleveurs de bovins en Mayenne
Jérôme Berthelot et Sylvain Rousselet, deux éleveurs de bovins en Mayenne © Radio France - Justine Guitton-Boussion

Villiers-Charlemagne, France

C'est une victoire pour la diplomatie française. Dans les six prochains mois, la Chine va lever son embargo sur l'importation de viande bovine français. La nouvelle a été annoncée par Emmanuel Macron mardi. Le Président de la République était en début de semaine en visite officielle pour y conclure un certain nombre d'accords commerciaux. La France et la Chine ont donc signé mardi un accord prévoyant "l'ouverture de l'accès de la viande bovine avec une résolution totale dans les six mois" de l'embargo. Depuis 2001, la Chine n'a plus acheté de viande bovine française, en raison de l'épidémie de vache folle à la fin des années 90. Mais en mars 2017, ce pays recommençait déjà à importer de la viande bovine française désossée. 

Des éleveurs mesurés

Cette annonce ne suscite pas non plus la joie des éleveurs mayennais. "Il ne faut pas s'enflammer. L'ouverture au marché chinois n'aura lieu que dans six mois. Les retombées ce n'est pas pour demain. Il faut regarder sur le long terme et se préparer à cette opportunité de marché" estime Jérôme Berthelot, éleveur à Villiers-Charlemagne. La Chine consomme de plus en plus de viande bovine. Elle est devenue un produit presque haut de gamme. Ainsi, la consommation par an et par habitant atteignait les quatre kilos en 2016 et pourrait grimper à 6,5 kg/habitant en 2020 et 7,5 kg/habitant en 2030 d'après  la revue française de la recherche en viandes et produits carnés

"Les Chinois ont un peu plus de pouvoir d'achat, ils vont donc vers de la viande bovine plus chère. On ne pourra jamais concurrencer des pays comme l'Inde ou le Brésil au niveau de la main d'œuvre. Par contre au niveau de la qualité sanitaire et nutritionnelle, nous sommes bien meilleurs que ces pays-là" d'après Sylvain Rousselet, agriculteur entre Ruillé-Froid-Fonds et Le Bignon-du-Maine. En France, la consommation diminue de 1 à 5% chaque année. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait d'ailleurs prévenu récemment qu'il fallait "trouver des débouchés". C'est peut-être fait. 

"Il faut regarder sur le long terme et se préparer à cette opportunité de marché"

Le "peut-être" est de rigueur car encore faut-il que la viande bovine soit bien valorisée à l'étranger. Autrement dit : que la Chine achète à un meilleur prix les produits et que ces derniers profitent à toute la filière. De l'abattoir, au grossiste en passant par l'éleveur. "Mes coûts de production sont autour de 4,50 euros. C'est le prix que me coûte un animal à produire [l’éleveur en a 300, ndlr]. Aujourd'hui nous vendons nos mâles autour de 4 euros et les femelles autour de 3,60 euros donc en effet nos prix de vente sont en dessous de nos prix de production. On se serre la ceinture, on n'investit plus et on se rémunère beaucoup moins" explique Sylvain Rousselet. 

La viande hachée : autre "eldorado" ? 

Et d’après Sylvain Rousselet, le salut de la viande bovine ne passera pas que par le marché extérieur. Il y a bien sûr marché français. On pourrait par exemple revaloriser la viande hachée. "Avant on pouvait se laisser entendre dire que le haché en gros c'était toutes les mauvaises viandes, de moins bonne qualité. Aujourd'hui le haché représente une vraie part dans la consommation. Il faut donc segmenter le marché. Il y par exemple du haché de haute qualité bouchère" termine l'éleveur. Avis aux amateurs, chinois ou pas.