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Agriculture – Pêche

Loi Alimentation : "le gouvernement ne va pas assez loin" d'après Audrey Pulvar

mercredi 28 novembre 2018 à 16:10 Par Martin Cotta, France Bleu Mayenne

Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l'Homme, participe à une soirée-débat sur l'alimentation ce jeudi à Bonchamp-lès-Laval, organisée par le député de la Mayenne Guillaume Garot, un an après les États-Généraux de l'Alimentation qui ont fait des déçus.

Audrey Pulvar (illustration)
Audrey Pulvar (illustration) © Maxppp - Daniel FOURAY

Bonchamp-lès-Laval, France

Comment garantir une alimentation de qualité pour tous ? Comment mieux rémunérer ceux qui la produisent ? Comment préserver les ressources de notre planète et lutter contre le réchauffement climatique ? Le député de la Mayenne Guillaume Garot organise une soirée-débat aux Angenoises de Bonchamp-lès-Laval ce jeudi (20h) avec la journaliste Audrey Pulvar qui est aussi présidente de la Fondation pour la Nature et l'Homme (ex-fondation Nicolas Hulot). 

- La loi alimentation prévoit d'introduire 50% de produits bio et d’alimentation « soucieuse de l’environnement » dans la restauration collective d'ici 2022. La France a-t-elle les moyens de ces ambitions ? 

On espère que les objectifs fixés par la loi seront atteints. Aujourd'hui on en est loin, seulement à 3%. 2022 ce n’est pas demain, c'est cet après-midi ! Nous soutenons donc la proposition d'un bonus "Cantine Bio et Locale", qui serait une sorte d'allocation versée par l'État pour aider la restauration collective à basculer vers une restauration plus vertueuse. Cela permettrait d'ailleurs d'offrir des débouchés à des agriculteurs et de rémunérer correctement cet effort. La Fondation a porté cette proposition pour le projet de loi de Finances 2019 mais elle n'a pas été retenue. On espère que ce sera bien le cas pour 2020, 2021 et 2022. Passer au bio et au durable demande des infrastructures aussi, et cela a un coût en terme de formation, d'organisation. Donc pour aider la restauration collective à passer dans le plus qualitatif pour "le convive" sans qu'il y ait de surcoût au bout pour le plateau, il faut un petit coup de pouce de l'État*. 

- La problématique de l'Alimentation est directement liée à celle de la rémunération des agriculteurs (ils sont un peu plus de 36.000 à produire du bio en France d'après l'agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique). Le monde agricole a demandé au gouvernement, lors des États Généraux de l'Alimentation, de contraindre les grands groupes agroalimentaires a mieux payer les agriculteurs. Et pourtant ...

Le compte n'y est pas oui ! On s'en est rendu compte avec des organisations syndicales notamment. Les dispositifs mis en place par la nouvelle loi ne bouscule pas assez l'ordre établit pour faire en sorte que les agriculteurs soient mieux rémunérés. Le gouvernement ne va pas assez loin. 

- Emmanuel Macron et son gouvernement sont très critiqués sur les questions agricoles, écologiques. Le Président de la République écoute-t-il les propositions de la Fondation pour la Nature et l'Homme ? 

On est consulté mais on n’est pas souvent entendu. Je pense qu'il y a toute sorte d'intérêt en jeu. Quand Nicolas Hulot a démissionné il a bien parlé du poids des lobbies. Nous, nous en sommes un mais nous sommes un lobby d'intérêt général. C'est à dire que nous n'avons aucun intérêt financier. 

(*) D'après la Fondation pour la Nature et l'Homme (ex-fondation Nicolas Hulot), ce bonus coûterait 330 millions d'euros par environ.