Agriculture – Pêche

Lydia Bourguignon (LAMS) : "Certains jardins sont aussi pollués que les surfaces agricoles"

Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne lundi 26 septembre 2016 à 12:13

Le roudup produit commercialisé par la firme Monsanto est jugé responsable de la pollution des jardins et potagers
Le roudup produit commercialisé par la firme Monsanto est jugé responsable de la pollution des jardins et potagers © Maxppp - PQR/ Le Républicain Lorrain

La France est le pays en Europe qui consomme le plus de pesticides. Herbicides, fongicides se retrouvent sous forme de traces sur les fruits et légumes et polluent les sols pour longtemps. Invitée ce lundi sur FB Bourgogne, Lydia Bourguignon du Laboratoire d'analyses micro biologiques des sols.

Stéphane Parry : dans quel état sont les sols en Côte-d'Or ? 

Lydia Bourguignon : ils ne sont pas en très bon état mais les choses sont en train de changer. Des efforts sont faits de la part des agricultures pour utiliser moins de pesticides. Mais depuis que l'on a ouvert notre laboratoire, on trouve que les sols sont dégradés par l'utilisation massive de ces produits.

-Hormis les pesticides, est-ce qu'il y a d'autres produits dangereux ?

-Non, les pesticides englobent tous les produits dangereux et c'est déjà assez comme ça.

-A part les agriculteurs, est-ce qu'il y a d'autres catégories qui polluent ?

-Certains particuliers ne se rendent pas compte qu'ils polluent. Lorsqu'ils se rendent dans les jardineries acheter des produits pour désherber, ces produits ont la même toxicité. Les surfaces de jardins ne sont pas très grandes et les quantités utilisées ne sont pas toujours respectées. Du coup, certains jardins sont aussi polluer que les surfaces agricoles.

Il faut aider les agriculteurs à moins utiliser de produits chimiques 

-En quoi consiste votre travail ?

-On explique comment fonctionne un sol. On a oublié. Si en surface on a des insectes ou des vers de terre, la terre est saine. En revanche lorsque l'on perd cette population, les sols deviennent agonisant. Dans ce cas, les agriculteurs vont partir dans un cycle infernal parce qu'ils devront utiliser des produits fertilisants pour augmenter la qualité du sol. Ils vont fragiliser les plantes. Ça devient un cercle vicieux. Notre travail c'est de leur expliquer à quel niveau ils sont et surtout comment les aider.

-Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une prise de conscience de la part des agriculteurs ?

-Oui. Il y a une dizaine d'années ce n'était pas le cas. Des jeunes reviennent à la terre. C'est plus dur. Il ne faut pas croire que dans un coup de baguette magique, on va régler le problème des sols. Il y a aussi une prise de conscience de la part de la population. on utilise moins de produits dangereux.

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