Agriculture – Pêche

Malgré le risque de grippe aviaire, le marché à la volaille de Saint-Août dans l'Indre continue

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry mardi 13 décembre 2016 à 20:44

Finies les cages exposées à même le sol. Désormais les volailles restent dans les camions.
Finies les cages exposées à même le sol. Désormais les volailles restent dans les camions. © Radio France - Sarah Tuchscherer

Face au risque élevé de grippe aviaire, les marchés à la volaille vivante sont en théorie interdits en France depuis début décembre. Celui de Saint-Août dans l'Indre a obtenu une dérogation. Mais les règles de protection des animaux sont très strictes.

Ce mardi matin, le soleil brille sur Saint-Août, petite commune berrichonne située entre Châteauroux et Lignières. Malgré tout, l'ambiance est morose. Les allées sont bien moins remplies que d'habitude et pour nombre de clients, le cœur n'y est pas. Pour la deuxième semaine consécutive, des mesures de protection contre la grippe aviaire doivent être appliquées.

Moitié moins de vendeurs professionnels

Pour les professionnels de la volaille, il s'agit de garder les bêtes confinées dans des cages elles-mêmes à l'abri des camions. Seuls les éleveurs sont autorisés à les approcher. Une certaine distance a également été instaurée entre les quatre professionnels présents ce mardi (moitié moins que d'habitude). Jean-Jacques Lochon, venu de Poitiers avec une centaine de poules, trouve ces mesures quelque peu excessives : "Qu'on prenne des mesures pour endiguer l'épidémie oui, qu'on empêche toute une profession de travailler, non. D'autres moyens devraient être mis en œuvre.

Les palmipèdes (oies, canards) n'ont pas le droit d'être présentés aux clients. - Radio France
Les palmipèdes (oies, canards) n'ont pas le droit d'être présentés aux clients. © Radio France - Sarah Tuchscherer

"Dindes fermières à vendre"

Les restrictions touchent encore plus durement les dizaines de particuliers qui viennent ici compléter leurs fins de mois en vendant quelques bêtes. Daniel, retraité dans le Cher, est venu avec trois dindes, qui sont restées confinées dans sa voiture. Son stand se résume à une cage vide et à un écriteau sur lequel il a écrit : "Dindes fermières à vendre". Il craint de rentrer chez lui comme il était venu : "Quand les gens ne voient pas, ils n'achètent pas".

L'espoir d'une fin de crise rapide

Malgré tout, le maire de la commune, Patrick Lambilliote se veut optimiste. Il affirme que ce n'est pas cette crise qui va tuer le marché : "On avait dit ça en 2007 et on avait tenu. Il faut simplement espérer que la crise durera moins longtemps cette fois".