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Agriculture – Pêche

2019, une mauvaise année pour la noix de Grenoble

lundi 11 mars 2019 à 21:02 Par Élisa Montagnat, France Bleu Isère et France Bleu

La période est difficile pour le marché de la noix. Pour celle de Grenoble également, bien qu'internationalement reconnue, et ce pour plusieurs raisons.

Le volume annuel des noix de Grenoble oscille entre 15 000 et 20 000 tonnes.
Le volume annuel des noix de Grenoble oscille entre 15 000 et 20 000 tonnes. © Maxppp -

Vinay, France

Avec 1.200 producteurs répartis dans les départements de l'Isère et de la Drôme (dont 900 bénéficiant de l'appellation d'origine contrôlée "Noix de Grenoble"), c'est toute une économie qui est menacée lorsque le marché de la noix se porte mal.

Aléas météorologiques et réchauffement climatique

Yves Borel, producteur de noix à Vinay et président du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble déplore une perte de 20% par rapport à la récolte de l'année dernière. Le problème n'est cependant pas généralisé et concerne surtout certaines zones de productions dont la perte atteint "50% voir plus" confie Yves Borel. En cause : les pluies très froides en mars et avril dernier à 400 mètres d'altitude, suivi des sécheresses et canicules. La récolte a donc subi des brûlures sur les noix ou les coquilles, ce qui a obligé les producteurs à faire un gros tri. En cause : le réchauffement climatique. "Ce qu'on peut craindre c'est que l'atmosphère se réchauffe et qu'on soit, de plus en plus, sujet à ces canicules dans les années à venir." ajoute Yves Borel.

La concurrence des Etats-Unis et du Chili

Autre problème, qui concerne l'exportation : en France la plupart des grandes surfaces privilégient la noix française, mais dans les autres pays d'Europe, les producteurs grenoblois subissent la concurrence des États-Unis et du Chili explique Yves Borel : "L'année dernière, les Américains ont annoncé qu'ils baisseraient les prix à l'exportation, sur l'Europe en particulier, de un euro par kilo. Les Chiliens ont fait de même, donc devant des prix si bas, nos metteurs en marché à nous sont obligés de faire le nécessaire." Sébastien Débru, PDG de la société Pépinoix et des pépinières Payre est justement l'un des ces "metteurs en marché" locaux. Il achète à 200 producteurs de noix et revend à la grande distribution (40% en France, et 60% en exportation dans les pays limitrophes). Selon lui, il ne faut pas dramatiser sur l'état actuel du marché : "Il a fallu garder un positionnement tarifaire relativement compétitif, donc automatiquement ça entraîne une légère baisse du prix culture, mais on était sur des niveaux très élevés avant. Alors on va dire que c'est un réajustement, une année de transition je pense."

Une baisse de la consommation à relativiser

Au delà des problèmes climatiques et conjoncturels, on assiste également à une baisse de la consommation de noix. Selon Sébastien Débru, ce ne serait pas inhérent au marché de la noix : "Il y a eu de gros problèmes dans le commerce en novembre et décembre avec le mouvement des gilets jaunes. Sur un produit comme le nôtre, ça nous a particulièrement handicapés car toutes les mises en place, les promotions pour noël qui se font début décembre ont été inexistantes du fait de la logistique bloquée et des supermarchés qui n'étaient pas approvisionnés régulièrement."

Les nuciculteurs espèrent maintenant une météo plus favorable en 2019, mais les températures élevées ces dernières semaines n'annoncent pas forcément du bon.