Agriculture – Pêche

Mauvaises moissons : les agriculteurs du Pas-de-Calais très inquiets

Par Elodie Vergelati, France Bleu Nord jeudi 11 août 2016 à 7:00

Trop de pluie, pas assez de soleil, les moissons de blé et de maïs sont mauvaises dans le Pas-de-Calais
Trop de pluie, pas assez de soleil, les moissons de blé et de maïs sont mauvaises dans le Pas-de-Calais © Radio France - Elodie Vergelati

Les moissons se terminent dans le Pas-de-Calais, et elles ne sont pas bonnes du tout. La faute aux pluies incessantes du mois de juin et à un soleil bien trop discret. Résultat : jusqu'à 60% de rendement en moins pour le blé.

Ils n'avaient pas vu ça depuis plusieurs décennies...Les agriculteurs du Pas-de-Calais font grise mine devant leurs très mauvaises récoltes de blé. Les moissons sont en train de se terminer, et le rendement est catastrophique : 40% de perte, jusqu'à 60% chez certains exploitants. D'après le syndicat agricole FDSEA, ces pertes représentent un manque à gagner global de 169 millions d'euros pour les agriculteurs du département.

Les fortes pluies ont endommagé les pâturages de l'Audomarois - Radio France
Les fortes pluies ont endommagé les pâturages de l'Audomarois © Radio France - Elodie Vergelati

Trop de pluie, pas assez de soleil, un duo infernal

Les raisons de ces piteuses moissons sont simples : les intempéries du mois de juin, couplées à un soleil plus que discret, ont entravé la pousse du blé et du maïs. La quantité n'est pas au rendez-vous, la qualité non plus. Les agriculteurs céréaliers sont les premiers touchés, mais pas seulement.

Je n'ai plus d'herbe pour nourrir mes vaches, Jean-Pierre Clipet, éleveur laitier

Jean-Pierre Clipet élève une cinquantaine de vaches, dans son exploitation de Serques, près de Saint-Omer, dans l'Audomarois. Ses pâturages ressemblent à un champ de bataille : il y a des trous partout. La terre, gorgée d'eau par les fortes pluies de juin, a été labourée par les vaches. "Je n'ai plus d'herbe pour nourrir mes bêtes", explique-t-il, dépité. Il faut donc se fournir ailleurs, ce qui pèse sur son budget. "Je comptais sur le blé pour me faire un peu de trésorerie mais avec les très mauvaises récoltes qu'on a eues, je suis à flux tendu".

Jean-Pierre Clipet, éleveur laitier à Serques, dans l'Audomarois - Radio France
Jean-Pierre Clipet, éleveur laitier à Serques, dans l'Audomarois © Radio France - Elodie Vergelati

Déjà éprouvé par un an et demi de crise laitière, Jean-Pierre Clipet attend des aides substantielles de l'Etat. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll a annoncé des aides, notamment des allègements de charges et des reports de remboursements de prêts. Le montant précis de l'enveloppe ne sera connu qu'à la rentrée, en septembre.

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