Agriculture – Pêche

Mauvaises récoltes : s'assurer ou pas ?

Par Véronique Narboux et Jacky Page, France Bleu Bourgogne dimanche 11 septembre 2016 à 11:15

Champ de millet, en Côte d'or
Champ de millet, en Côte d'or © Radio France - Jacky Page

Pour faire face aux aléas climatiques et aux mauvais rendements, certains agriculteurs choisissent de s'assurer. D'autres y renoncent, jugeant le coût trop élevé pour des indemnisations qui ne seraient pas à la hauteur des dégâts.

Cette année encore, les agriculteurs côte d'oriens déplorent de mauvaises récoltes dues au mauvais temps. Le printemps pluvieux a fait des ravages. Pour limiter leurs pertes, les exploitants peuvent souscrire une assurance récolte. "Un outil indispensable pour pérenniser l'exploitation agricole", selon le Crédit Agricole, qui organisait le 9 septembre, à Pont-de-Pany une réunion d'information sur la question.

L'assurance de base est prise en charge à 65% dans le cadre de la PAC, Politique Agricole Commune. Mais il y a un bémol : une franchise élevée, de l'ordre de 25% et les indemnités sont calculées sur les rendements historiques de l'exploitation. Quand les aléas climatiques se succèdent, d'année en année, et que les rendements moyens diminuent, les indemnités suivent le mouvement, ce que déplore Vincent Lavier, le président de la Chambre d'agriculture de la Côte-d'Or. Lui-même a renoncé à assurer ses 330 hectares à Saulx-le-Duc.

Vincent Lavier, le président de la Chambre d'agriculture de Côte d'or, a renoncé à s'assurer

D'autres agriculteurs font le choix inverse. Thierry Talpin se félicite d'être assuré. Sur ses 200 hectares de grandes cultures, colza et blé à Poiseul-la-Ville, les pertes de rendement se chiffrent cette année à 40% et la mausaise qualité des produits a divisé leur valeur par deux. Il a reçu la visite de l'expert de l'assurance pour déclencher une fois de plus le versement d'indemnités.

Thierry Talpin, agriculteur à Poiseul-la-ville, a fait le choix d'être assuré

Thierry Talpin n'a donc pas l'intention de renoncer à s'assurer, même s'il lui faut avancer  une somme très importante : environ 12.000 euros pour l'assurance grêle et récolte, en attendant que la PAC en subventionne une partie.

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