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Agriculture – Pêche

Méteil, luzerne, trèfle, maïs : comment un éleveur de haute Corrèze s'adapte à la canicule et au manque d'eau

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Par , France Bleu Limousin

Comment, en dépit du manque d'eau et de la sécheresse, assurer la production de fourrage pour les vaches tout au long de l'année ? En haute Corrèze, exemple chez un éleveur qui fait évoluer ses pratiques pour composer avec la nouvelle donne climatique.

Pour la deuxième année, Sébastien Gourdoux cultive du méteil sur son exploitation à Liginiac
Pour la deuxième année, Sébastien Gourdoux cultive du méteil sur son exploitation à Liginiac © Radio France - Nicolas Blanzat

Liginiac, France

Très fortes chaleurs, sécheresse et manque d'eau : comment composer avec cette nouvelle donne climatique qui n'a plus rien d'exceptionnelle et qui tend à être de plus en plus fréquente ? C'est un sujet qui commence à être pris à bras le corps par des agriculteurs, " premières victimes du réchauffement climatique " estime le président de la chambre d'agriculture de Corrèze, Tony Cornelissen. Il faut dire que de nombreux éleveurs, dont les prés sont déjà grillés, sont contraints de donner à leurs animaux le fourrage habituellement destiné à être distribué en hiver.

Diversifier les sources de fourrage

Sur le territoire, des démarches et des tests sont en cours pour essayer de s'adapter aux aléas du climat et d'évoluer en même temps qu'eux. Exemple en haute Corrèze, dans un GAEC où il a été décidé de diversifier les sources de fourrage afin de consolider ses stocks tout en étant étalant les risques liés à la chaleur et au manque d'eau. A Liginiac, Sébastien Gourdoux est installé avec son père et un troisième associé sur 170 hectares plus une cinquantaine d'hectares mis à disposition. Ils possèdent 90 vaches à lait et une cinquantaine de Limousines. Ils ont donc besoin de beaucoup de fourrage pour alimenter ce cheptel mais ont décidé de ne plus tout faire reposer sur le traditionnel foin.

Le méteil, une solution nouvelle ?

Depuis pas mal de temps déjà, ils ont recours à la luzerne. " C'est une plante pas très gourmande en eau, elle a le pouvoir d'amener pas mal de protéines aux animaux " explique l'éleveur, qui a pour cela du travailler sur la qualité des sols acides du secteur, " et on peut la faucher jusqu'à cinq fois par an " . Il y a aussi le maïs, " que je sème assez tard au printemps. C'est une plante tropicale à l'origine, elle résiste aux fortes températures. Les orages de l'été lui permettent de tenir mais il faut espérer de l'eau un peu plus tard pour qu'il se développe. " Tout juste la récolte ensilée, des ray-grass avec du trèfle incarnat sont semés dans la foulée. " Cela se développe même s'il fait sec, avec peu d'eau, et ça nous sécurise des stocks. " Pour la deuxième année, les exploitants ont recours au méteil. " C'est un mélange de céréales avec des protéagineux". Ici seigle, triticale, pois et vesce. " On n'en faisait pas et on s'aperçoit finalement que c'est une culture qui peut nous permettre de pallier au manque de stock pendant les périodes sèches ". Semi au mois de novembre, " quand l'activité habituelle est plus calme ". Un méteil semé après la récolte du mais, sans labour et à la volée, " on enfouit simplement les graines avec un outil qui fait un travail sur les premiers centimètres de terre ". 

Tony Cornelissen, président de la chambre d'agriculture, avec Sébastien Gourdoux et l'un de ses associés, devant une partie des 90 vaches laitières que compte les exploitants - Radio France
Tony Cornelissen, président de la chambre d'agriculture, avec Sébastien Gourdoux et l'un de ses associés, devant une partie des 90 vaches laitières que compte les exploitants © Radio France - Nicolas Blanzat

"On ne met pas nos oeufs dans le même panier"

Toutes ces différentes cultures permettent de diversifier la production de fourrage, d'autant qu'elles n'arrivent pas à maturité à la même époque de l'année. Elles permettent ainsi de limiter les risques liés au manque d'eau. " On ne met pas nos oeufs dans le même panier en somme ", ce qui permet encore de limiter les achats d'aliments comme " les tourteaux de colsa, de soja et de tournesol pour équilibrer les rations ". Au contraire, on vise ici l'autonomie " pour gérer notre alimentation de A à Z et ne pas tributaire des cours extérieurs ". Mais tout cela se fait au prix de plus de travail. " Ca c'est indéniable, ça nous prend énormément de temps ". Parfois, les essais ratent " pas adaptés à notre territoire ".

Evolution nécessaire des pratiques

Le travail entrepris sur cette exploitation est un système d'avenir. " Cet exemple tend à se multiplier " indique Jean-Robert Loge, conseiller production végétale à la chambre d'agriculture de Corrèze. " Il y a là une association de culture de longue durée avec la luzerne, de culture d'automne avec le méteil et de culture de printemps avec le maïs. Selon les conditions climatiques, l'un ou l'autre s'en sortira mieux que les autres d'une année à l'autre ". A ses yeux, " ces solutions deviennent indispensables. Les exploitations composées uniquement de prairie sont amenées à avoir des charges très importantes en raison des sécheresses et des déficits de fourrage " . Mais cela nécessite aussi une réelle évolution des pratiques pour les éleveurs. " Historiquement et traditionnellement, ils maîtrisent la production du foin. Il faut donc des remises en question. " Car il est là question de pratiques agronomiques diverses. " Ils ont des marges de progression importantes à ce niveau. " Mais il n'y a déjà plus trop le choix pour composer efficacement avec la nouvelle donne climatique. " L'évolution est indispensable pour conforter l'autonomie alimentaire des exploitations " appuie Tony Cornelissen, président de la chambre, " les réponses viennent de l'innovation ".