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Agriculture – Pêche

Récolte de miel : une année catastrophique pour les apiculteurs alsaciens

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Entre un printemps trop froid et la canicule du début d'été, les abeilles n'ont pas butiné autant que d'habitude. Les récoltes de miel s'en ressentent : les apiculteurs alsaciens n'hésitent pas à parler d'une "année noire" et s'inquiètent pour leur avenir et celui des abeilles.

Abeille et fleur
Abeille et fleur © Radio France - Fabrice Viaud - Gagnant

Alsace, France

En presque 45 ans d’apiculture, Roland Saenger, installé à Illkirch, n’avait jamais eu des récoltes aussi faibles : "Dans une année normale, on devrait récolter entre 20 et 30 kilos par ruche. Cette année, on est même pas à 10 kilos... _On est à 15-20 % de ce qu'on a produit l'an dernier : c'est énorme_." Et c'est valable pour tous les types de miels qu'il produit dans son Rucher de l'Ill : sapin, acacia, châtaignier et tilleul.

A cause de la météo, les abeilles sont restées dans les ruches

La faute à un printemps froid et pluvieux, qui a empêché les abeilles de butiner ; et ce alors que le mois de mai est la période faste. Sont ensuite venus les épisodes de canicule : les butineuses cherchaient alors plutôt à se rafraîchir qu’à récolter du nectar et du pollen. 

Des abeilles qui n'ont plus rien à butiner

Autres facteurs pour expliquer cette baisse quasi inédite de la production de miel : "Il faut ajouter l'utilisation intensive des pesticides, qui décime les populations d'abeilles, explique Michel Kerneis, président de la société d'apiculture de Strasbourg 1869. Et nos campagnes sont de véritables déserts : il n'y a plus rien à butiner dans les champs." A tel point que cette année, bon nombre d'apiculteurs, comme Roland Saenger, ont dû nourrir leurs abeilles avec de l'eau et du sucre pour ne pas qu'elles meurent de faim.

Trois fois moins de miel qu'il y a 25 ans

L'apiculteur Roland Saenger ne s'attend donc pas à un millésime 2019 très lucratif : "Forcément le chiffre d'affaires va s'en ressentir... Heureusement, le miel est un produit qui se conserve donc on a encore des réserves de 2018. Mais il ne faut pas que ça dure !", conclut l'agriculteur, qui veut tout de même rester optimiste. 

Petite consolation : la qualité du miel ne devrait pas être altérée. Au niveau du prix, difficile de savoir s’il y aura une hausse en rayon. 

En tout cas, cette mauvaise année inquiète la profession : "J'ai même entendu dire que certains apiculteurs commencent à chercher un autre travail pour avoir des revenus complémentaires pendant cet hiver", explique Michel Kerneis, de la société d'apiculture de Strasbourg 1869.  

A cela, il faut ajouter le prix très bas des miels venus de l'étranger, qui viennent satisfaire la très forte demande française : dans l'Hexagone, 44 000 tonnes de miel sont consommées chaque année. "L'avenir de l'apiculture en France et en Europe est très, très sombre", conclut Michel Kerneis.

En 2019, la France devrait produire environ 10 000 tonnes de miel. C’est trois fois moins qu’il y a 25 ans

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