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Comment les agriculteurs bio tirent leur épingle du jeu malgré la sécheresse en Lorraine

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu, France Bleu Lorraine Nord

Le bilan des moissons en Lorraine est une nouvelle fois marqué par la sécheresse avec un printemps sans eau et des rendements en dessous de la moyenne mais les agriculteurs bio s’en sortent mieux. Tour d’horizon dans les champs, avec ou sans pesticides, en Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges.

Des moissons très disparates en Lorraine.
Des moissons très disparates en Lorraine. © Radio France - Thierry colin

Tous les agriculteurs ont été marqués par ces 45 jours sans pluie à partir de la mi-mars, en plein confinement. A l’heure des bilans, les rendements des moissons de céréales sont en dessous d’une année moyenne. Pas forcément catastrophique pour certains, mais globalement très moyens. 

Une année « très moyenne » et surtout « très hétérogène » précise le directeur de la Coopérative agricole Lorraine qui gère 38 silos dans la région en achetant les céréales à 1 800 agriculteurs et qui a une vision en temps réel sur les stocks vendus ; une partie des céréales serviront à nourrir les bêtes qui n’ont pas eu beaucoup de foin au printemps. 

Sur les orges, on est en net recul à moins 30%

Pour les céréales : « on tourne à 420 000 tonnes chaque année et cette année, on ne dépassera pas les 400 000 » assure Eric Chrétien qui estime que les blés sont à cinq quintaux en dessous d’une année moyenne. Le directeur de la CAL compare cette année à celle de 2016 qui avait été une très mauvaise année globalement et « c’est à peine supérieur avec beaucoup de disparité ». 

Et « sur les orges, dans la collecte, on est en net recul à moins 30% » avec une qualité moindre qui limite « l’orge brassicole ». Cela permet d'assurer un meilleur prix de vente pour la céréale qui passe du champ à votre bière. 

68 quintaux pour les blés

La chambre d’agriculture semble plus mesurée notamment pour les blés avec une moyenne en Meurthe-et-Moselle de 70 quintaux par hectare pour les cultures avec engrais chimiques contre un rendement de 68 quintaux par hectare en moyenne sur ces 15 dernières années selon les données du logiciel Gestion de parcelles 54.

Dans les Vosges,  les rendements sont très disparates également pour Jérôme Clément, président de la Fdsea, pour qui les conséquences du réchauffement climatique sont maintenant visibles chaque année : «on a eu cinq à six semaines, vraiment sans une goutte d'eau dans nos secteurs, mais comme on a eu un mois de juin très favorable au remplissage des grains, en particulier dans le blé, on arrive finalement à limiter la casse. On a souvent aussi une altération de la qualité du fait de ce coup de chalumeau au mois de juin». 

Ecoutez Jérôme Clément, agriculteur vosgien.

Cette sécheresse se répète ces dernières années selon le responsable syndical vosgien : « Depuis de nombreuses années, on le voit aussi, malheureusement, sur les pâtures, puisque les pâtures brûlent sérieusement au mois de mai, juin. On a vraiment une dégradation de la productivité globale de l'agriculture par ce réchauffement climatique. Ce qu'on appelle des terres de fond, des terres avec une réserve hydrique importante, s'en sortent bien. Par contre, des terres qui étaient ce qu'on appelle superficielles, donc avec une faible réserve hydrique, on a des rendements qui sont beaucoup plus dans la moyenne basse. »

Au printemps, j'ai paniqué car on n'a plus eu d'eau pendant un mois et demi

Les paysans doivent s’adapter à la sécheresse et au manque d'eau. Et pour la polyculture, qui est le modèle dominant en Lorraine, avec élevage de bovins et céréales, les différentes coupes d’herbe n’ont pas été très fructueuses, faute de pluie. 

Ecoutez Rémy Toussaint, agriculteur bio.

Dans les prairies aussi, Rémy Toussaint, agriculteur bio à Reillon et adhérent de la Confédération paysanne pense à implanter des arbres pour faire de l’ombre. L’agro-foresterie qui se développe dans la région, des lignes d’arbres ou des arbres en bord de parcelle, pour davantage d’ombre et de fraîcheur pour les cultures. 

Probiolor à Vézelise rassemble 260 coopérateurs.
Probiolor à Vézelise rassemble 260 coopérateurs. © Radio France - Thierry Colin

« Je peux vous dire qu'au printemps, j'ai paniqué car, à compter du 10 mars, on n'a plus eu d'eau pendant un mois et demi » assure l’agriculteur bio de Reillon dans le Lunévillois. « Le changement climatique, on se rend compte que c'est de plus en plus compliqué avec des périodes où il pleut énormément, d'autres périodes où il ne pleut plus du tout pendant trois, quatre, cinq mois. Tout ça va très vite parce que l'impact du changement climatique en agriculture, on le subit directement. On voit vraiment les choses évoluer et pas forcément dans le bon sens ».

Les agriculteurs bio s'en sortent mieux

L’agriculteur sans pesticides et sans engrais chimiques semble mieux supporter les sécheresses qui se succèdent.  Les paysans bio sont plus optimistes sur les céréales avec une année correcte. Difficile à expliquer, mais la culture sans herbicide, ni fongicides, ni pesticides semble mieux supporter le stress hydrique, un constat empirique qui se renouvelle chaque année. 

On travaille sur des plantes moins gourmandes en eau et plus résiliente au stress hydrique

Claude Choux, co-directeur de la coopérative Probiolor, qui regroupe 260 agriculteurs bio en Lorraine, fait un constat très empirique : « Pour les céréales à paille, on s'achemine vers une année correcte et j'ai moins d'inquiétude que mes collègues en conventionnel », mais difficile de dire pourquoi l'agriculture biologique résiste mieux aux sécheresses : « On n'a pas les mêmes variétés, on sème plus tard. On n'a pas l'impact des produits qui peuvent, peut-être, sensibiliser les plantes au stress hydrique. Pas de certitude, c'est des interrogations mais c'est vrai que ça pose question. On voit sur les orges d'hiver, par exemple, on peut dire que c'est vraiment une très bonne année en orge d'hiver et en conventionnel, c'est une année catastrophique... alors on s'interroge ».

Ecoutez Claude Choux, co-directeur de Probiolor.

Et le co-directeur de la coopérative bio de Vézelise, qui récolte les céréale de 160 paysans, de poursuivre : « Le réchauffement climatique est en train de nous impacter très fortement sur le niveau moyen de rendement. On travaille en bio depuis un bon moment sur des plantes moins gourmandes en eau, beaucoup plus résilientes au stress hydrique, voire aujourd'hui à l'arrivée de cultures que l’on imaginait pas en Lorraine. On commence à travailler le blé dur. Le blé dur, c'est quand même plutôt la Drôme. »

Le changement climatique bouleverse les moissons en Lorraine pour Claude Choux.

A Lire aussi : une année atypique pour les moissons en Moselle.

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