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Agriculture – Pêche

Mortalité des abeilles : des apiculteurs creusois attendent davantage de l’Etat

mardi 31 juillet 2018 à 20:02 Par Armêl Balogog, France Bleu Creuse

Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, a annoncé un plan de trois millions d’euros pour indemniser les apiculteurs qui ont souffert de la surmortalité des abeilles pendant l’hiver 2017-2018. Très bien, pour des apiculteurs creusois, mais ils attendent de plus grandes mesures.

Des apiculteurs creusois contre les pesticides pour diminuer la mortalité des abeilles
Des apiculteurs creusois contre les pesticides pour diminuer la mortalité des abeilles © Radio France - Armêl Balogog

Bourganeuf, France

Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, a annoncé lundi 30 juillet le déploiement de trois millions d'euros d'aides. La région Nouvelle-Aquitaine a quant à elle lancé un "plan abeilles" de 700.000 euros la semaine dernière. L'apiculteur creusois, Thierry Dolivet, compte bien demander ces aides pour indemniser la surmortalité des abeilles pendant l'hiver 2017-2018.

Il ne faut pas se priver. – Thierry Dolivet, apiculteur creusois

3.000 euros de la région par apiculteur 

L'apiculteur installé à Bourganeuf, en Creuse, a perdu la moitié de son cheptel pendant l'hiver, soit 150 colonies d'abeilles. Chacune lui a coûté au moins 200 euros pendant sa production, ses pertes s'élèvent donc à au moins 30.000 euros de chiffre d'affaires. "C’est bien venu d’avoir une aide et de la région, et de l’Etat", commente-t-il, content de ce "coup de pouce".

Puis, Thierry Dolivet fait les comptes : "au niveau de la région, pour l’instant c’est une aide qui est, si elle reste plafonnée, de l’ordre de 30 essaims, ce qui représente 3.000 euros simplement par apiculteur. Il ne faut pas cracher dans la soupe mais enfin, c’est une incidence qui est quand même assez faible si on a perdu 150 colonies".

Comment seront répartis les trois millions d'euros d'aides de l'Etat ?

Pour l'instant, le ministère de l'Agriculture n'a pas encore rendu publiques les conditions pour prétendre à ses aides. "C’est vrai que trois millions d’euros annoncés, ça semble être beaucoup d’argent, continue l'apiculteur. Mais après il faut voir comment ça va être réparti."

"Souvent, on se rend compte que l’aide aux apiculteurs les plus sinistrés ne va pas forcément être un montant qui va leur permettre de compenser leur perte de chiffre d’affaires sur l’année 2018", s'inquiète Thierry Dolivet. Au niveau régional, la Nouvelle-Aquitaine a défini une dizaine de conditions à remplir pour être éligible à son "plan abeilles". Par exemple : avoir perdu au moins 30 % de son cheptel, composé d'au moins 50 ruches.

Des aides pas "viables" pour l'avenir

Ce système d'aides n'est pas "viable", pour David Tournois, apiculteur installé à Felletin. Il a perdu 80 % de son cheptel pendant l'hiver, mais il ne va pas demander d'aides des institutions. "Je veux gagner des sous en vendant du miel ou des essaims", revendique-t-il.

Je ne veux pas gagner des sous en comptant mes abeilles mortes. – David Tournois, apiculteur creusois

"C’est juste un truc pour éteindre un peu la colère des apiculteurs, qui est bien légitime. Cela ne remet pas du tout en question la façon de cultiver la terre, l'agriculture ni l'agroalimentaire, donc pour moi ce n’est pas viable. Remplir des dossiers pour gagner des sous sur du non-travail, non", tranche-t-il.

Les deux apiculteurs aimeraient que le ministère de l'Agriculture diminue, voire interdise, les pesticides, qu'ils tiennent largement responsables de la surmortalité des abeilles.