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Municipales 2020 : la Confédération paysanne appelle les candidats à préserver les abattoirs de l'Indre

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Par , France Bleu Berry

La Confédération paysanne a adressé, en fin de semaine, une lettre ouverte aux futurs élus de l'Indre. À l'approche des municipales, le syndicat veut alerter les politiques sur l'importance de préserver les abattoirs locaux.

L'abattoir du Boischaut (janvier 2020)
L'abattoir du Boischaut (janvier 2020) © Radio France - Jérôme Collin

Manger local, c'est bien... encore faut-il s'en donner les moyens. Dans l'Indre, la Confédération paysanne a adressé, le 21 février, une lettre ouverte aux candidats des municipales. Le syndicat agricole pointe du doigt l'importance des abattoirs locaux dans le Berry. Le sujet est peu vendeur sur un programme municipal, mais la Confédération estime qu'il est pourtant indispensable d’œuvrer pour les préserver. 

"Avant, il y avait des abattoirs partout"

"De nombreux abattoirs ont fermé ces dernières années", explique Nicolas Calame, le porte-parole de la Confédération paysanne de l'Indre. "Avant, il y en avait partout, ils étaient souvent municipaux. Un jour, les municipalités ont décidé d'arrêter. On peut comprendre, pour les élus ce n'est pas facile de gérer des abattoirs..." Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il n'y en a plus que trois dans l'Indre : Mérigny, La Châtre et Valençay.

"Après une vidéo du collectif abolitionniste L214, l'abattoir de La Châtre a fermé presque un an, a rouvert une seule journée par semaine. L'abattoir de Mérigny, en fin d'année dernière, vient de fermer les lignes pour tuer les caprins et les ovins", regrette Nicolas Calame. Des cadences faibles, qui mettent en danger la rentabilité des bâtiments. "Si ces abattoirs-là ferment, on en aura plus dans le département. Ce sera une catastrophe pour l'agriculture, et les gens d'ici ne pourront plus consommer de viande en circuit court. Elle partira forcément en circuit long."

"Ce sera impossible de remplir le cahier des charges si les abattoirs ferment"

Problème : en 2018, la loi Egalim, suite aux États généraux de l'alimentation, a instauré qu'il fallait 50% de produits bio ou locaux dans la restauration collective d'ici 2022. Or, "ce sera impossible de répondre à ce cahier des charges" si les abattoirs de proximité ferment. "Dans notre lettre ouverte, on veut rappeler aux futurs élus qu'il y a eu un choix politique en disant "il faut de l'alimentation bio et locale", mais maintenir des abattoirs dans notre département, c'est aussi un choix politique. Et on espère qu'il sera fait par nos nouveaux élus."

Nicolas Calame rappelle aussi : "La viande a mauvaise réputation en ce moment. Mais l'élevage de l'Indre n'est pas de l'élevage industriel, c'est un élevage de qualité. Ce serait dommage qu'on ne puisse pas trouver cette viande de qualité à l'étal des boucheries, et dans les écoles pour les élèves." Le porte-parole de la Confédération évoque enfin le bien-être animal : moins un animal est transporté loin, moins il risque d'être stressé.

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