Agriculture – Pêche

L'Oasis du Cens, un nouveau potager urbain en permaculture à Nantes

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan mardi 3 janvier 2017 à 19:31

L'Oasis du centre, en plein centre-ville
L'Oasis du centre, en plein centre-ville © Radio France - Marion Fersing

L'Oasis du Cens, c'est le nom du potager urbain qui vient de commencer à être cultivé près du Petit-port à Nantes. Son originalité ? La permaculture. Les fruits, légumes et plantes aromatiques poussent de la façon la plus naturelle possible en se servant des propriétés des uns et des autres.

Un peu dans le même genre que les "incroyables comestibles", le mouvement pour la création de potagers et de minis espaces de cultures au cœur des villes (dans les bacs à fleur, sur les toits, les petits coins d'espaces verts...), le collectif "Nantes, ville comestible" et l'association Permaculture 44 viennent de lancer la culture du premier potager collectif urbain en permaculture, au bord du Cens, près du Petit-Port.

L'Oasis est tout prêt de l'université et de l'Erdre - Aucun(e)
L'Oasis est tout prêt de l'université et de l'Erdre - Capture d'écran Google maps

Des fruits, des légumes, des plantes aromatiques plantées sur un bout de pelouse qui ne servait à rien

Les premiers arbres fruitiers ont été plantés sur un bout de pelouse baptisé "L'Oasis du Cens" et un "piège à chaleur" a été installé. Les premiers choux commencent à pousser, tout doucement bien-sûr en ce début d'hiver. Ils devraient à terme être entourés d'autres légumes, de fruits mais aussi de plantes aromatiques sur 200 m2 de surface qui, jusque-là, ne servaient à rien.

La première étape, c'était de fournir son "fioul" à la terre grâce, tout simplement, à des feuilles qui vont la nourrir en se décomposant. Grâce aussi aux vers de terre pour l'aérer et aux champignons pour dépolluer le sol. Ensuite peuvent être plantés les différents fruits et légumes, en se servant des propriétés des uns et des autres explique Salvador, qui fait partie des initiateurs du projet. "Si on prend par exemple les poireaux et les carottes, ils ont chacun une mouche qui les embêtent. Mais chacun d'eux repousse la mouche de l'autre. Donc en les plantant à proximité, on s'assure de ne pas être embêté par les mouches ni de l'un, ni de l'autre".

Les fruits et légumes seront à disposition de qui veut

Ce potager urbain, il doit aussi permettre aux jardiniers de voir comment la nature réagit en associant différentes cultures pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et d'échanger avec les passants. "Souvent, ils viennent d'eux-mêmes voir ce qu'on fait et l'accueil est toujours positif". D'ailleurs, tout le monde pourra venir cueillir les fruits, les légumes et les plantes aromatiques du quartier. "Ils seront à disposition de qui veut. On ne veut pas s'approprier ce bout de terrain. On fait ça pour les gens", poursuit Salvador.

Notre reportage autour de l'Oasis du Cens

L'idée, ce n'est pas de nourrir les villes. Ça, c'est un bonus

En faisant pousser ces légumes en ville, pas question évidemment, de remplacer l'agriculture classique. "On ne verra jamais de la production de céréales ou de pommes de terre en centre-ville, ça n'aurait pas de sens", précise, réaliste, Yann de "Nantes, ville comestibles". "L'idée, ce n'est pas de nourrir les villes, c'est un bonus. L'idée, c'est de recréer la ville de demain, qu'on a envie de partager en bonne intelligence avec nos voisins. De se réapproprier la terre de là où on vit puisqu'on est devenu des citadins. Qu'à cela ne tienne, ça ne nous empêche pas de cultiver. On ne sera pas automne sur notre production alimentaire bien-sûr mais ça nous permettra, au moins, de raccourcir une fois de plus les circuits de distribution".

"On ne fera jamais pousser des céréales ou des patates en centre-ville" - Yann de Nantes, ville comestible

L'Oasis se veut aussi un lieu d'échange avec sa place centrale pour faire des activités. Le collectif espère aussi travailler avec les étudiants de l'université toute proche et ceux de l'orphelinat voisin.

Les 48 heures de l'agriculture urbaine

Par ailleurs, une grande fête de la nature en ville, "les 48 heures de l'agriculture urbaine" doit avoir lieu au printemps, les 18 et 19 mars pour permettre à tous de découvrir tout se qui se fait en la matière, des jardins ouvriers au micro-fermes de spiruline à travers des débats, des films et des ateliers.

Pour aller plus loin :

le site internet et la page Facebook de "Nantes, ville comestible"

le site internet et la page Facebook de "Permaculture 44"