Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Agriculture – Pêche

Notre-Dame-des-Landes : première réunion du comité de pilotage sur la gestion des terres agricoles de la Zad

lundi 19 mars 2018 à 9:15 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu

Deux mois après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes a lieu la première réunion du comité de pilotage sur la gestion des terres agricoles de la Zad ce lundi. Et s'il y a au moins une chose sur laquelle toute le monde est d'accord, c'est que ça s'annonce compliqué.

L'avenir des terres agricoles de la Zad en négociation à partir de ce lundi
L'avenir des terres agricoles de la Zad en négociation à partir de ce lundi © Maxppp -

Notre-Dame-des-Landes, France

Deux mois après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes se déroule la première réunion du comité de pilotage relatif à la gestion des terres, ce lundi après-midi à la préfecture à Nantes. Plusieurs élus, des représentants de la chambre d'agriculture, de syndicats agricoles et d'associations vont se retrouver autour de la table pour évoquer l'avenir des 1.650 hectares de l'ancienne emprise de l'aéroport. Un véritable casse-tête qui, de toute façon, prendra du temps.

Les opposants divisés sur la forme

Le Conseil départemental, dont le président Philippe Grosvalet était favorable à l'aéroport, a d'ores et déjà demandé la rétrocession de 895 hectares dont il souhaite confier la gestion à la chambre d'agriculture. Les anti-aéroport, eux, veulent que des expérimentations puissent se poursuivre sur le site et pas seulement au niveau agricole. Des opposants qui sont d'accord sur le fond mais pas toujours sur la forme. Certains, les historiques, veulent dialoguer avec l'État, tandis que d'autres exigent l'arrêt des menaces d'expulsions et la gestion globale du territoire.

Il faut qu'on arrive à sortir de l'idée de dire : toi tu es un bon, toi tu es un mauvais

Au nom de l'Adeca, l'association de défense des exploitants concernés par le projet d'aéroport, créée il y a 45 ans, Sylvain Fresneau participe à la réunion. Comme trois autres de ses confrères agriculteurs, il est toujours sous le coup d'une expulsion. Il estime qu'il se doit de participer à la réunion pour lui et ses confrères, mais aussi pour défendre le projet global porté par les occupants de la Zad : "pour voir comment, à l'avenir, on peut continuer à exploiter nos terrains, comment on peut avancer et où est-ce qu'on va. C'est aussi une zone d'expérimentation. C'est la première fois, en France, qu'on a 1.600 hectares dans lesquels on peut travailler, dans lesquels des jeunes et des moins jeunes peuvent venir et faire des essais. Je ne parle pas de toute la zone parce qu'il y a aussi des gens qui ont besoins de terres et il faut qu'ils les gardent, mais il faut qu'on arrive à sortir de l'idée de dire : toi tu es un bon, toi tu es un mauvais"

Il faut arrêter avec les menaces d'expulsion

Mais au sein des anti-aéroport, une certaine confusion règne. Plusieurs opposants zadistes et agriculteurs appellent à un rassemblement devant la préfecture pour dire qu'ils veulent une gestion globale du territoire et pas seulement agricole. "Il faut arrêter avec les menaces d'expulsion et il faut négocier avec toutes les personnes concernées", demande cet occupant de la Zad. "C'est-à-dire avec toutes les organisations paysannes, les usagers, les habitants, les naturalistes... Parce que, sinon, on va avoir une vision tronquée de l'avenir de ce territoire. C'est pas pour ça qu'on l'a défendu, c'est pas pour qu'il se retrouve entre les mains de la chambre d'agriculture avec sa vision classique de l'agriculture dont on voit partout le résultat : la dégradation des sols, la désertification rurale, l'agrandissement perpétuel des terres... Ça, on ne peut pas l'accepter".

Les consommateurs sont dans l'attente d'une agriculture respectueuse des réglementations, surtout sur le plan sanitaire

De son côté, Jacques Lemaître, le président de la chambre d'agriculture a deux priorités dans l'immédiat : que les agriculteurs expropriés puissent retrouver leurs terres et que tous les exploitants des terres de la Zad respectent les règles imposées partout ailleurs aux agriculteurs. "Les consommateurs sont dans l'attente d'une agriculture respectueuse des réglementations, surtout sur le plan sanitaire, dont on connaisse l'origine, la traçabilité. Il y a aussi le respect de l'environnement, de la biodiversité, tout ça, ce sont des choses qui se font dans le département. Et, dans la reconquête de cette zone de 1.650 hectares, on souhaite le respect de la réglementation et des normes en vigueur."

Dans un premier temps, les participants à ce comité de pilotage vont devoir définir les principes d'une gestion transitoire des terres, le temps de construire un projet agricole et de territoire. Un projet autour duquel, on l'a bien compris, il y aura de fortes divergences.