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Agriculture – Pêche

Nicolas Hulot autorise à raffiner de l'huile de palme, "une trahison" pour les producteurs de colza de l'Indre

lundi 28 mai 2018 à 5:04 Par Adèle Bossard, France Bleu Berry

Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, autorise l'ouverture de la raffinerie de Mède, dans les Bouches-du-Rhône, qui produira des biocarburants à partir, entre autres, d'huile de palme. Les producteurs de colza dans l'Indre dénoncent une concurrence déloyale.

Champ de colza, illustration
Champ de colza, illustration © Maxppp - Jean-Marc Lallemand

Châteauroux, France

La FDSEA de l'Indre parle de "gifle", de "coup de couteau" et de "trahison" après la décision de Nicolas Hulot. Le 16 mai dernier, le ministre de la Transition écologique et solidaire a autorisé l'ouverture de la bio-raffinerie de Mède, dans les Bouches-du-Rhône. Et Total compte y produire des biocarburants à base notamment d'huile de palme, en plus des huiles usagées. 450 000 tonnes d'huile de palme devraient ainsi être importées

Pour le syndicat agricole, il s'agit d'une concurrence déloyale pour la production de colza, dont l'huile peut aussi entrer dans la composition des biocarburants. "Le cours du colza est en chute libre depuis ces annonces, a constaté Philippe Demiot, président de la FDSEA de l'Indre. Ça fait une culture de moins alors qu'on n'en a déjà pas beaucoup dans notre département. _C'est un coup de couteau dans le dos, on nous demande de faire toujours plus propre, plus local, moins cher, donc on essaye de trouver des solutions_. Et d'un seul coup, Total arrive et peut mettre de l'huile de palme dans ses carburants. C'est une trahison ultime."

"On se sent agressés et oubliés"  
- Philippe Demiot, président de la FDSEA 36

Les représentants syndicaux ont tenu à évoquer le sujet avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, pendant sa visite dans l'Indre le 17 mai. "Ça a été notre première question, pour savoir quel était son avis sur la question et ce qu'il proposait aux agriculteurs de notre région. La réponse, je l'attends toujours, regrette Philippe Demiot. À force d'être la variable d'ajustement, on se sent agressés et oubliés. Donc on va se faire entendre."

Le syndicat agricole FNSEA, au niveau national, réfléchit désormais à organiser des actions de protestation dans les jours qui viennent.

Et les agriculteurs ne sont pas seuls à dénoncer cette décision de Nicolas Hulot. "Où est le bon sens écologique ?" demande dans un communiqué aussi la députée européenne Angélique Delahaye. Elle juge "tout bonnement inacceptable de privilégier l'huile de palme au détriment d'une filière française de colza structurée, respectueuse de l'environnement et créatrice d'emplois".