Agriculture – Pêche

Nouveaux cas de fièvre catarrhale : que faut-il craindre de la maladie de la langue bleue ?

Par Marina Cabiten, France Bleu Creuse, France Bleu Limousin, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Touraine et France Bleu vendredi 18 septembre 2015 à 16:01

La fièvre catarrhale touche aussi les bovins - illustration
La fièvre catarrhale touche aussi les bovins - illustration © Max PPP

Le gouvernement a étendu vendredi les zones faisant l'objet de mesures spécifiques contre la fièvre catarrhale ovine, ou maladie de la langue bleue, qui touche aussi les bovins. Une décision suite à la détection de nouveaux cas, les derniers dans le Puy-de-Dôme.

Nouvelle secousse dans le monde agricole. Après la détection de nouveaux cas de fièvre catarrhale jeudi dans le Puy-de-Dôme, le gouvernement a décidé d'étendre les zones faisant l'objet de mesures spécifiques. En quoi consistent-elles ? Que cherchent-elles à éviter ? Quelle est cette maladie ? Éclairage. 

Qu'est-ce que la maladie de la langue bleue ? 

La fièvre catarrhale touche principalement les élevages ovins, mais aussi les bovins. C'est une maladie originaire d'Afrique, qui se transmet via des moucherons piqueurs. Elle a été observée pour la première fois en France en 2000. À ce jour, aucun cas de transmission à l'homme n'a été observé. Son surnom de maladie de la langue bleue lui vient de l'un des symptômes. Mais les animaux qui la contractent n'ont pas seulement la langue bleue : ils souffrent de forte fièvre, d'un gonflement de la tête. À terme, ils peuvent subir des problèmes respiratoires, et mourir sous une dizaine de jours. S'ils guérissent, ils deviennent souvent stériles. 

En quoi consistent les mesures de protection ? 

Un premier cas d'un foyer de fièvre catarrhale ovine dans l'Allier avait été annoncé le 11 septembre. Après la découverte de nouveaux cas dans l'Allier, la Creuse et le Puy-de-Dôme ces derniers jours, les zones réglementées ont été étendues autour des foyers identifiés. À 20 km alentour, des mesures drastiques sont mises en place : les ruminants concernés ne peuvent ni entrer, ni sortir de leurs exploitations. Des dérogations sont toutefois accordées pour le transport vers l'abattoir sous conditions sanitaires strictes.  

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Plus largement, une "zone de protection" d'un rayon d'au moins 100 kilomètres et une "zone de surveillance" de 150 kilomètres autour des exploitations infectées sont également mises en place. Une campagne de vaccination a également été lancée.

Quelles conséquences pour les agriculteurs ? 

Même si le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a promis que cette vague de fièvre catarrhale n'aurait "aucun impact", les agriculteurs ne voient pas cette propagation d'un bon œil. Dans certaines zones, la vente des animaux est suspendue en attendant d'en savoir plus. Ailleurs, les exploitants sont contre le vaccin obligatoire des animaux. Et cette maladie peut aussi empêcher l'exportation des bêtes.