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Agriculture – Pêche

Intempéries : les agriculteurs de la Loire font le bilan, "en cinq minutes, tout a été ravagé"

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu

Ils attendaient la pluie, mais pas la grêle : les agriculteurs font le tour de leurs exploitations ce dimanche après les orages violents d'hier. Le bilan est désastreux sur la couronne stéphanoise où certains exploitants ont perdu 90% de leurs cultures. Le préfet fera un état des lieux ce lundi.

Ce dimanche, c'est l'heure de constater les dégâts pour les agriculteurs de la Loire.
Ce dimanche, c'est l'heure de constater les dégâts pour les agriculteurs de la Loire. © Radio France - Octavie Couchard

Saint-Victor sur Loire, Saint-Étienne, France

Ce dimanche matin, pas de fêtes des pères pour Jean-Marc Berthollet, agriculteur à Saint-Victor-sur-Loire : sur ces 115 hectares, il ne lui en reste plus que 20 en bon état. La grêle et l'orage violent de samedi 15 juin ont abîmés toutes ces parcelles : "On dirait que c'est broyé, il n'y a plus rien. Toutes les récoltes de foin, de maïs et de céréales sont anéanties." Jean-Marc est installé avec son frère depuis 16 ans et il n'avait jamais vu ça. Il devait commencer les récoltes de foin d'ici une quinzaine de jours. "_Les bras, on ne peut pas les baisser plus bas. C'est dur_. C'est le coup de trop, après deux très grosses sécheresses. Cette année ne commençait pas bien, mais ça s'était arrangé ces dernières semaines... et maintenant tout est par terre", confie l'agriculteur. 

Hier, en l'espace de 5 grosses minutes, de nombreux agriculteurs de la couronne stéphanoise ont vu leur travail disparaître sous les grêlons. Ce dimanche matin, les responsables de la FDESA et des Jeunes agriculteurs ont fait le tour de certaines exploitations pour mesurer l'ampleur des dégâts. Pour l'instant, le périmètre se dessine entre les communes de Rozier-Côte d'Aurec, Unieux, Firminy, Roche-la-Molière, Saint-Genest-Lerpt et Villars. "Les agriculteurs qui sont assurés pour la paille et les maïs peuvent espérer une petite indemnisation, mais la plupart des agriculteurs de notre secteur ne le sont pas. Donc il n'y aura pas grand chose, il faut regarder avec l'administration", détaille Jean-Luc Perrin, agriculteur à Saint-Maurice-en-Gourgeois et secrétaire général de la FDSEA 42. "On a l'esprit du monde agricole, on ne va pas se laisser abattre comme ça, on va rebondir, il le faut", se persuade-t-il.

Avant l'orage, les cultures mesuraient plus d'1 mètre. - Radio France
Avant l'orage, les cultures mesuraient plus d'1 mètre. © Radio France - Octavie Couchard

Visite du préfet demain, lundi 17 juin

La difficulté pour les agriculteurs est désormais de savoir comment agir. Certains ont déjà commencé à ramasser ce qui est récupérable dans les cultures. "Le risque c'est que l'herbe pourrisse au sol et on ne peut pas se permettre de perdre de l'herbe comme ça. Il faut récolter au plus vite, surtout que la pluie est de nouveau annoncée pour la fin de semaine", explique Rémi Jousserand, le président des Jeunes agriculteurs de la Loire. Après les épisodes de sécheresse, les granges sont vides, il n'y a pas de fourrages pour assurer l'hiver et les prix des matières premières sont très élevés, ce qui bloque financièrement des exploitants. "_S'il n'y a pas d'indemnisation, je pense que des exploitations vont fermer leurs portes malheureusement_, pour cinq minutes de grêles. Si on sortait d'une situation sereine avec des stocks, ce serait bien mais ce n'est pas le cas", continue Rémi Jousserand. 

Pour tenir, les agriculteurs vont donc avoir besoin d'aide. Demain, lundi 17 juin, le préfet de la Loire avec les représentants de la Chambre d'agriculture doivent faire un premier état des lieux et établir un premier bilan de cette catastrophe. L'état de catastrophe naturelle sera demandée par plusieurs maires, notamment par Gaël Perdriau pour la commune de Saint-Étienne. Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume a assuré que cette disposition serait prise d'ici deux jours. "Mais il y a aussi le dossier de calamité, qui prend énormément de temps à monter", détaille Gérard Gallot, le président de la FDSEA. 

Le bilan des autres cultures 

Ailleurs dans la Loire, le bilan est moins négatif. Dans le Pilat et dans la Vallée du Gier, entre 25 et 55 mm d'eau sont tombés hier, mais sans faire de dégâts sur les cultures de fruits et les serres, assure Henri Mazenot, de la section fruits à la FDSEA. Côté vignobles, pas de dégâts non plus dans le Roannais, le Forez ou le sud du département. Selon Thierry Farjon, président de Loire aux 3 vignobles, une trentaine de millimètres d'eau est tombée. C'est ce qu'il fallait aux cultures.