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Agriculture - Pêche

"Ose l'agriculture !" : le cri du cœur des exploitants marnais en manque d'employés

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Plus de 150 postes à pourvoir et peu de postulants. L'agriculture recrute mais ne semble pas rencontrer son public. Souvent pointées du doigt, les conditions de travail se sont pourtant améliorées. Les syndicats cherchent des idées pour séduire sur le marché de l'emploi.

Vincent Gauvain, agriculteur (à gauche) et Mickaël Jaquemin, président de l'ANEFA, lors d'une conférence de presse
Vincent Gauvain, agriculteur (à gauche) et Mickaël Jaquemin, président de l'ANEFA, lors d'une conférence de presse © Radio France - Stéphane Maggiolini

Beine-Nauroy, France

Entre les conditions de travail, le salaire et la distance qu'il faut parfois parcourir pour rejoindre l'exploitation : l'agriculture ne semble plus être sexy. Les chercheurs d'emploi désertent les zones rurales et les agriculteurs ne trouvent plus d'employés. "Dans ce milieu, il faut trouver le mouton à cinq pattes. Il doit être capable de travailler à des heures variables, à évoluer avec la météo. Il doit savoir faire aussi bien du travail manuel, parfois peu valorisant, que conduire un tracteur. Il nous faut des travailleurs qui comprennent le métier d'agriculteur et c'est compliqué", explique Vincent Gauvain, agriculteur depuis 8 ans à Beine-Nauroy (Marne). Faute de trouver un employé, l'exploitant a fait appel à une agence d'intérim étrangère et réfléchit à partager un travailleur avec un agriculteur voisin. Une pénurie de main d'oeuvre qui oblige Vincent Gauvain à se séparer de sa culture de betteraves. "C'est un choix que beaucoup d'exploitants font et c'est dommage pour l'agriculture. D'autres, qui ont un projet, une réflexion, s'arrêtent à l'étape du chiffrage car ils ont peur de manquer d'employés", regrette Mickaël Jacquemin, président de l'Association Nationale pour l'Emploi et la Formation Agricole (ANEFA).

"Ce n'est plus Martine va à la ferme !"

Souvent pointées du doigt par les employés, les conditions de travail se sont pourtant améliorées. "Ce n'est plus Martine va à la ferme !", s'exclame Mickaël Jacquemin, président de l'ANEFA. "C'est un travail moins pénible qu'auparavant. Les tracteurs sont climatisés, les charges lourdes ne sont plus portées par les hommes mais par des machines. La fatigue, à la fin d'une journée, n'est plus la même qu'avant", relativise Vincent Gauvain.

"Les collectivités doivent nous aider"

Pour reconquérir le marché du travail et séduire les demandeurs d'emploi, les syndicats ne cessent de chercher des idées. "Il faudrait qu'on arrive à mettre en place, notamment dans la région Grand Est, des lycées en alternance. Faudrait travailler davantage avec Pôle Emploi, et eux doivent mieux connaître les métiers agricoles. Ça fait trois ans qu'on collabore mais on doit améliorer nos relations. Il y a aussi un réel problème de mobilité dans nos territoires ruraux. Beaucoup de travailleurs potentiels hésitent à se déplacer pour venir travailler. Nousdevrions améliorer l’accessibilité au permis de conduire, _notamment chez les jeunes_. Les collectivités doivent nous aider", lance Hervé Lapie, président de la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles de la Marne (FDSEA).

La communication est dans le pré

L'autre piste pour relancer l'emploi agricole, c'est la présence des agriculteurs sur les réseaux sociaux. "On multiplie les petites vidéos d'une vingtaine de secondes pour permettre, aux jeunes notamment, de redécouvrir nos métiers", détaille Mickaël Jacquemein, président de l'ANEFA. Problème, tous les exploitants ne sont pas encore adeptes de ces moyens de communication. "Moi le premier je ne vais pas sur Facebook. Peut-être que c'est à nous, agriculteurs, de lâcher le format papier et les agences Pôle Emplôi. Il faut se remettre en phase avec le marché du travail", avoue Vincent Gauvain.

Dans la Marne, l'agriculture est le premier recruteur. 150 postes sont actuellement à pourvoir. Le secteur propose 90 métiers, notamment celui de tractoriste, c'est le plus fréquent dans le département.

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