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Agriculture – Pêche

Ours dans les Pyrénées : après l'incendie d'une voiture, des agents de l'ONCFS exercent leur droit de retrait

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Le syndicat SNE-FSU appelle les agents à ne plus mener de constats d'attaques d'ours dans certaines communes de l'Ariège. Mercredi matin, un véhicule de l'ONCFS a été volontairement incendié en marge d'un contrôle, à Auzat.

Un constat des agents de l'ONCFS et du Parc National des Pyrénées, dans le Béarn, en 2008.
Un constat des agents de l'ONCFS et du Parc National des Pyrénées, dans le Béarn, en 2008. © Maxppp - Guillaume Bonnaud

Foix, France

Grosse inquiétude des agents ariégeois de l'ONCFS, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Mercredi au petit matin, le véhicule de deux agents a été incendié, alors qu'ils étaient en train de faire un contrôle sur les cadavres de trois brebis à Auzat en Haute-Ariège, pour savoir si elles avaient été bien tuées par l'ours. C'est grâce à ces contrôles que les éleveurs sont ensuite indemnisés.

Le contrôle en lui même s'est bien passé, mais en revenant au lieu de stationnement, les agents se sont rendus compte que leur voiture avait été déplacée et brûlée. En réaction, le syndicat national de l'environnement SNE-FSU appelle les agents à exercer leur droit de retrait sur la Haute-Ariège, s'ils ne se sentent pas en sécurité.

"Cette mission d'expertise ne sera plus assurée sur certaines communes du département" - le syndicat SNE-FSU

Car l'escalade est claire, depuis quelques semaines. Selon le syndicat, plusieurs dégradations ont eu lieu le mois dernier : des poubelles déversées devant les bureaux de l'ONCFS, à Foix, le 29 juin dernier. Des pneus crevés lors d'un constat sur un troupeau le 20 juin, un pare-brise cassé le 26 juin. La tension est trop forte, et les agents n'en peuvent plus explique Pascal Wanhem, du SNE-FSU : "Ils en sont arrivés au point qu'ils ont informé leur directeur régional que cette mission d'expertise sur les dégâts sur les troupeaux ne sera plus assurée sur certaines communes du département".

Ces communes sont : AUZAT, GOULIER, VICDESSOS, ASTON, SIGUER, GESTIES, MIGLOS, SEM, LERCOUL, LARCAT, SUC et SENTENAC, ORUS, LES CABANNES, LUZENAC, VERDUN, LASSUR, PERLES ET CASTELET, SAVIGNAC, GARANOU, CAZENAVE, SERRE ET ALLENS.

La situation préoccupe aussi la direction régionale de l'ONCFS. Un cap a clairement été franchi pour Nicolas Alban, le délégué Occitanie, qui dénonce les agissements d'un groupuscule : "Il est bien entendu que nous n'enverrons plus les agents [dans certaines communes], si les conditions de sécurité ne sont pas réunies". 

Des expertises "conflictuelles", selon le président de la chambre d'agriculture 

Pour le président de la chambre d'agriculture de l'Ariège, Philippe Lacube, anti-ours depuis toujours, cet incendie volontaire du véhicule de l'ONCFS est un faux problème : "Une voiture qui brûle dans la montagne, c'est embêtant, c'est regrettable. Évidemment, je ne cautionne pas. Mais ce n'est pas le fond du problème. À l'ONCFS, c'est que la voiture qui a brûlé. Nous, ce sont les brebis qui meurent tous les jours. Et ce sont des gens qui sont en perte économique, et dans le malheur. Mais eux, ils n'exercent pas le droit de retrait, parce que leurs bêtes, il faut qu'elles bouffent le lendemain".

"À l'ONCFS, c'est que la voiture qui a brûlé. Nous, ce sont les brebis qui meurent tous les jours." - le président de la chambre d'agriculture

L'agriculteur accuse aussi les agents de l'ONCFS d'avoir eu des comportements "déplacés" lors d'expertises "conflictuelles." "Dans la montagne ces gens là, on les appelle les cow-boys". Le délégué régional de l'Office, lui, estime que "dans la majorité des cas, ça se passe très bien. Avec des éleveurs conscients de la mission des agents". Le syndicaliste Pascal Wanhem ne comprend pas les intimidations : "Ce ne sont pas les agents qui sont la cause des dégâts. Donc il est anormal qu'ils soient la soupape de mécontentement de certains éleveurs envers l'Etat".