Agriculture – Pêche

Grippe aviaire : fin du vide sanitaire mais de nombreuses interrogations chez les éleveurs girondins

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 10 août 2016 à 19:05

Christine Saphore et Jean-Luc Tauzin, éleveurs de canards et producteurs chez Palmagri à Auros
Christine Saphore et Jean-Luc Tauzin, éleveurs de canards et producteurs chez Palmagri à Auros © Radio France - Pauline Pennanec'h

Les éleveurs de la coopérative Palmagri à Auros se préparent à la reprise de l'abattage le 18 août, après un vide sanitaire qui leur a coûté cher. Mais la détection de nouveaux cas grippe aviaire en Dordogne et dans l'Aveyron a suscité un choc pour les éleveurs...

Après un long vide sanitaire, l'abattage des canards va pouvoir reprendre. Les éleveurs de la coopérative Palmagri d'Auros,dans le sud-Gironde, se préparent à la reprise de l'activité le 18 août. Le vide sanitaire, imposé par l'Etat après des cas de grippe aviaire dans certains élevages du sud-Ouest, a été une période interminable : quatre mois sans canetons dans les poussinières.

Le magasin de Palmagri est resté ouvert au public les vendredis avant la reprise de l'abattage. - Radio France
Le magasin de Palmagri est resté ouvert au public les vendredis avant la reprise de l'abattage. © Radio France - Pauline Pennanec'h

Mais alors qu'ils pensaient en avoir fini avec le virus, la détection de nouveaux cas grippe aviaire en Dordogne et dans l'Aveyron suscite beaucoup d'interrogations chez les éleveurs girondins : "Nous n'avons pas envie d'avoir la grippe aviaire sur nos exploitations. Pour nous, en tant qu'éleveurs, ça serait très difficile, financièrement et moralement... Et pour la coopérative, ça serait un vrai désastre !" explique Christine Saphore, la présidente de Palmagri.

Alors pour éviter cela,  leurs exploitations sont régulièrement contrôlées. Salle de gavage, éleveuse : tout est contrôlé. Depuis que leurs canetons sont revenus dans les poussinières le 18 mai, des mesures de bio sécurité leurs sont imposées : ils doivent enfiler une combinaison différente entre chaque unité de production, dans des sas sanitaires, de sorte qu'il n'y ait pas d'infection. "Ça coûte de l'argent et du temps de travail en plus" dit Jean-Luc Tauzin, éleveur à Brannens.

"On vit tous les jours avec le risque d'avoir le virus chez nous" 

Le vide sanitaire a-t-il vraiment servi à quelque chose ? "On est très inquiet avec ces nouveaux cas" raconte Jean-Luc Tauzin . "On vit tous les jours avec le risque d'avoir le virus chez nous. On voit que le vide sanitaire n'a pas servi à grand chose..." continue-t-il. Comment faire pour éradiquer le virus ? "On ne le sait pas" conclut l'éleveur.

"On est soulagé de reprendre et très inquiet avec ces nouveaux cas" explique Jean-Luc Tauzin, éleveur et producteur à Palmagri.

Reprise de l'activité

Christine Saphore a quand même le sourire après quatre mois de vide sanitaire et  un quart du chiffre d'affaire amputé. Des aides du Conseil Général leur ont été allouées : 3.000 euros d'aide par exploitation, et 37.000 euros pour la coopérative. Mais pas d'aides de l'Etat pour Palmagri, seulement pour les éleveurs à titre personnel : 10 euros par canard non produit. De quoi leur permettre de garder la tête hors de l'eau.

Maintenant il va falloir faire face à un tout autre problème : l'arrivée des fêtes de fin d'année. Certains éleveurs vont donc prochainement doubler leur production de canetons par mois avant noël.

Reprise de l'abattage le 18 août à Palmagri - Reportage

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