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L'Europe autorise Paris à subventionner les agriculteurs pour avoir une eau de meilleure qualité

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Par , France Bleu Paris, France Bleu
Paris

Paris vient d’obtenir le feu vert de la Commission européenne pour aider financièrement les agriculteurs qui se convertissent au bio ou qui s’engagent à réduire les pesticides et les engrais à proximité des captages d’eau de la ville. Cette expérimentation est une première en Europe.

Rendre potable l'eau coûte un tiers de la facture d'eau
Rendre potable l'eau coûte un tiers de la facture d'eau © Radio France - Aurélie Lagain

Jusqu'à présent ce n’était pas possible, mais le 13 janvier dernier la Commission européenne a donné son accord pour une expérimentation qui va permettre à Paris de payer pour des "services environnementaux".

La ville de Paris va pouvoir verser des aides aux agriculteurs qui exploitent les terres situées autour de ses captages d’eau et qui font des efforts en matière d’environnement. 

Depuis longtemps les communes cherchent à diminuer les pollutions agricoles qui se trouvent autour de leurs zones de captage d’eau. Il y a presque 20 ans, la ville de Nangis (Seine-et-Marne) avait été l'une des premières à promulguer des arrêtés antipesticides pour interdire l’épandage dans ces champs.

Un tiers de la facture d'eau sert à la rendre potable

Financièrement traiter l’eau pour la rendre potable coûte très cher aux communes et aux syndicats des eaux. "C’est un tiers de la facture d’eau que payent les Parisiens", explique Celia Blauel, la présidente d'Eau de Paris. D’où l’idée d’éviter les pollutions autour de ces champs en y favorisant une agriculture plus propre, sans engrais ni pesticides. 

À Paris, l’enjeu est de taille. La moitié de l’approvisionnement en eau de la capitale provient de sources souterraines captées via de très gros tuyaux, très loin de la ville.

Tuyau de captage de la Voulzie qui alimente Eaux de Paris, près de Forges en Seine-et-Marne - Radio France
Tuyau de captage de la Voulzie qui alimente Eaux de Paris, près de Forges en Seine-et-Marne © Radio France - Piroux

Depuis une dizaine d'années, Eaux de Paris, la régie publique de la ville de Paris, essaie de mettre en place des dispositifs pour inciter les agriculteurs qui ont des parcelles autour de ces champs où l'eau est captée, à passer au bio ou à réduire l’utilisation de pesticides et d’engrais.

Un guichet unique pour les agriculteurs concernés

"La ville leur proposait l’aide de ses techniciens pour remplir les dossiers de conversion ou les dossiers d’aide européenne. Elle leur proposait aussi un débouché pour leurs produits pour alimenter nos cantines mais la complexité et surtout les retards pris dans le versement de ces aides en France commençaient à décourager les agriculteurs volontaires d'où l'idée de créer un guichet unique à Paris" explique Celia Blauel.

"Ça n'a pas été sans mal, il a fallu taper à toutes les portes, presque trois ans de démarche. En France, il a fallu obtenir le soutien du ministère de l'Agriculture et celui de l'Agence de l'eau qui a été décisif. Enfin il a fallu presque un an d'instruction pour que la Commission européenne donne son accord", précise la présidente d'Eau de Paris.

Des contrats de sept ans

Les agriculteurs vont pouvoir s'engager sur une période de sept ans : c'est nouveau. Ils pourront toucher jusqu'à 450 euros par hectare pendant cinq ans, puis 220 euros les deux années suivantes pour ceux qui convertissent leur surface de blé en bio. Il faudra aussi atteindre un objectif fixé de baisse de nitrate dans les eaux souterraines pour toucher l’intégralité des aides.

L'autre avantage c'est qu'il n'y aura plus qu'un seul guichet "Eaux de Paris" pour les agriculteurs. Ceux qui sont concernés sont presque 200, sur une superficie de 140.000 hectares qui correspondent aux aires de captage des eaux souterraines en provenance de Provins et de Nemours (Seine-et-Marne), de Sens (Yonne) et de Dreux (Eure-et-Loir).

La captage de la Voulzie pour Eaux de Paris près de Forges en Seine-et-Marne - Radio France
La captage de la Voulzie pour Eaux de Paris près de Forges en Seine-et-Marne © Radio France - Isabelle Piroux

Le budget est estimé à 47 millions d’euros sur une dizaine d’années. C'est principalement l'Agence de l'eau Seine Normandie qui sera mise à contribution à hauteur de 37 millions d'euros. Dix millions viendront de la Ville de Paris.  

Le prix de l'eau n'augmentera pas 

Les tarifs de l'eau n'augmenteront pas, promet Celia Blauel. "Il s'agit de prévenir plutôt que de guérir. Aujourd'hui on trouve ça plus intéressant de réduire les sources de pollution en amont, c'est aussi parce qu'on croit à la relocalisation d'un modèle agricole qui paie bien les agriculteurs, pour qu'ils puissent en vivre dignement. C'est aussi parce qu'on croit au circuit court !!" 

"Aujourd'hui les agriculteurs avec lesquels nous travaillons déjà à Paris alimentent la Caisse des Ecoles du 11e arrondissement avec des pâtes, des lentilles, des huiles et l'idée, c'est d'aller beaucoup plus loin, de recréer une boucle gagnante entre les territoires. À travers l'eau on va réécrire une histoire entre Paris et les campagnes."

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