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"Tout peut basculer en l'espace d'une nuit" : les agriculteurs continuent à lutter contre le gel

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Après une première vague de froid, les agriculteurs de la plupart des régions font face à un nouvel épisode de gel cette semaine. Suite aux très importants dégâts constatés la semaine dernière, les vignerons et arboriculteurs tentent de sauver ce qui peut encore l'être en passant leurs nuits dehors.

Au Verger de La Salle, on se bat contre le gel jusqu'à ce que les températures redeviennent positives
Au Verger de La Salle, on se bat contre le gel jusqu'à ce que les températures redeviennent positives © Radio France - Mélanie Kuszelewicz

Tenter de sauver ce qui peut encore l'être. C'est le pari des agriculteurs, vignerons ou arboriculteurs qui passent, cette semaine encore, leurs nuits au chevet de leurs  cultures, après une première vague de froid dévastatrice la semaine dernière. 

Les gelées printanières qui ont touché 10 des 13 régions françaises représentent déjà "probablement la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle", a déclaré lundi le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. Un tiers au moins de la production viticole française "sera perdu", ce qui représente "à peu près deux milliards d'euros de chiffre d'affaires en moins" pour la filière, estime notamment la FNSEA. "Nous nous battrons aux côtés des agriculteurs", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce mercredi, évoquant un "drame qui a secoué notre pays". Le gouvernement a promis des aides exceptionnelles au secteur. En attendant, partout en France, les agriculteurs continuent d'essayer de sauver leurs bourgeons du gel, mais certains se découragent ou n'ont plus de quoi réchauffer vignes et vergers.

Les nuits sans sommeil épuisantes des viticulteurs de Touraine 

Cette semaine encore, les viticulteurs d'Indre-et-Loire enchaînent les nuits dehors, pour tenter de protéger ce qu'il reste de leurs vignes. Didier Avenet, qui travaille avec sa fille à Saint-Martin-le-Beau, a déjà subi d'importants dégâts la semaine dernière : "C'est difficile à expliquer parce qu'il faut le vivre, mais franchement, oui, c'est usant", confie-t-il à France Bleu Touraine. "La première nuit, on y va avec l'envie, puis quand on s'aperçoit qu'on s'est battu et qu'on a perdu, on y retourne avec un peu moins d'envie la deuxième, la troisième nuit."

"On s'est vraiment posé la question de savoir s'il fallait y retourner quand on a su qu'on allait avoir une nouvelle vague de gel cette semaine. Mais il y a un refus d'abdiquer", explique-t-il.

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En Creuse, encore une nuit par -5 degrés : "On n'est pas sûr de gagner la bataille, tout peut basculer en l'espace d'une nuit"

Les nuits de très fortes gelées s'enchaînent aussi en Creuse, avec des températures sous la barre des - 5 degrés dans la nuit de mardi à ce mercredi. Là aussi, arboriculteurs et viticulteurs sont de nouveau sur le pont. Jean-François Giraud et son fils Hugo, qui cultivent huit hectares de pommiers, sont encore restés éveillés toute la nuit. Ils utilisent des tours à vent, des chaudières aux pieds des arbres, et un système d'aspersion d'eau. Ils se relaient pour faire des micro-siestes. Pourtant, "On n'est pas sûr de gagner la bataille, tout peut basculer en l'espace d'une nuit", déplore Jean-François Giraud au micro de France Bleu Creuse.

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En Isère, bougies, poêles à bois, irrigation et météo connectée pour tenter de sauver les abricots 

En Isère, Jérôme Jury, arboriculteur, est à nouveau très inquiet cette semaine. Il cultive 65 hectares de fruits, notamment des abricots. Pour lui, il est indispensable de s'équiper pour faire face à ces gelées de printemps, de plus en plus fréquentes : "On met en place des bougies, des poêles à bois et puis on irrigue, puisque le fait d'irriguer, il se forme une pellicule de glace autour du fruit et ça le protège des températures négatives", explique-t-il à France Bleu Isère. Pour surveiller les températures, Jérôme Jury possède aussi trois stations météo connectées à son téléphone pour intervenir le plus rapidement possible.  

En Mayenne, ces producteurs de pommes et de poires arrêtent les frais 

A Craon, en Mayenne, la famille Moulard a subi des dégâts dans ses parcelles de pommes et de poires, en partie protégés la semaine dernière. Mais les bougies n'ont pas suffi, et leur coût est trop élevé : "Il en faudrait 400 par hectare et c'est huit euros la bougie, donc il ne faut pas que cela coûte plus cher que le si peu qu'il reste", admet Romain Moulard, qui travaille avec sa sœur Julie, au micro de France Bleu Mayenne.

La famille Moulard cultive 13 hectares de pommes et deux de poires à Craon.
La famille Moulard cultive 13 hectares de pommes et deux de poires à Craon. © Radio France - Aurore Richard

En Côte d'Or, "on n'a plus de bougies" 

En Côte d'Or, Olivier Leflaive a les yeux rivés sur la météo depuis la semaine dernière. Il cultive une vingtaine d'hectares de Chardonnay à Puligny-Montrachet. Il a aussi utilisé des braséros pour protéger les bourgeons du froid. Mais les bougies n'éclairent qu'à un mètre autour de la flamme. Et surtout, "On n'en a plus de ces bougies", explique Bertrand Guillemaud, le directeur technique du domaine, à France Bleu Bourgogne. "On en a acheté plusieurs milliers mais là, plus rien en stock. On n'a plus qu'à espérer que ça ne descende pas en dessous de zéro degré", souffle-t-il.

Un ventilateur censé réchauffer la vigne à Meursault (Côte-d'Or).
Un ventilateur censé réchauffer la vigne à Meursault (Côte-d'Or). © Radio France - Cédric Hermel

Appel à la solidarité pour obtenir de la paille à brûler

Beaucoup d'agriculteurs arrivent ainsi au bout de leurs stocks de bougies, de paille ou de copeaux de bois à brûler. Pour les aider, en Indre-et-Loire, le syndicat UDSEA a  lancé un appel aux agriculteurs pour qu'ils donnent ou vendent à prix coûtant de la paille non-alimentaire.

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Pénurie de bougies 

La demande de bougies, elle aussi, explose. Certains revendeurs, comme l'entreprise familiale Agri Holding, à Pont l'abbé d'Arnoult en Charente-Maritime, n'ont plus de bougies. "On vient de recevoir la dernière livraison, la prochaine sera dans trois semaines" indique Philippe Vigié, le directeur, à France Bleu La Rochelle. Et il a déjà vendu tout ce qu'il avait reçu. Les fournisseurs n'ont plus de paraffine, la matière première de la bougie : "C'est à cause des gelées qui ont été vécues partout en Europe, alors il y a eu beaucoup plus de demandes que d'habitude", explique Philippe Vigié.

Les bougies utilisées dans les vignes, au sol, sont au format de 6L par bougie.
Les bougies utilisées dans les vignes, au sol, sont au format de 6L par bougie. © Radio France - Perrine ROGUET

Dans le vignoble nantais, les riverains s'accommodent des nappes de fumée

Dans le vignoble nantais comme ailleurs, les viticulteurs allument donc des feux toutes les nuits. Les épaisses nappes de fumée se répandent au petit matin. Pourtant, les voisins sont compréhensifs, comme Fernand, un habitant de Maisdon-sur-Sèvre : "On sent l'odeur de la fumée venant des parcelles de vigne, mais cela ne dure pas. Il faut bien qu'ils tentent de sauver leur récolte, il faut être logique", confesse-t-il à France Bleu Loire Océan. 

"On a fait de gros nuages de fumée, ça a été important, mais ça n'a pas fonctionné" - Bernard Maillard, viticulteur à Saint-Lumine-de-Clisson

Mais là non plus, la méthode n'est pas toujours efficace : Bernard Maillard, viticulteur à Saint-Lumine-de-Clisson, n'allumera plus de foin sur le long de ses parcelles : "On a fait de gros nuages de fumée, ça a été important, mais ça n'a pas fonctionné", regrette-t-il. "C'est comme si vous aviez votre enfant dans une maison qui brûle, et que vous ne pouviez pas aller le chercher", se désole le vigneron. "Maintenant, stop."

D'épaisses fumées causées par le brûlage de foin sont visibles au petit matin dans certains hameaux du vignoble nantais.
D'épaisses fumées causées par le brûlage de foin sont visibles au petit matin dans certains hameaux du vignoble nantais. © Radio France - Charline Maillard

Les fumées intoxiquent les habitants du Tarn 

Dans le Tarn, une vingtaine de personnes ont été intoxiquées mardi en raison des feux allumés par les arboriculteurs. Un épais nuage de fumée s'est étendu entre les communes de Lavaur et d'Ambres, en raison de la combustion de près de 150 tonnes de paille, alimentées par du gasoil.

Les arboriculteurs ont expliqué ne pas avoir d'autres solutions pour sauver leurs récoltes, et maintenir les emplois. Le maire de Lavaur, Bernard Carayon, dit comprendre les difficultés des arboriculteurs, mais il réclame "des méthodes plus douces de réchauffement".

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Après les feux de paille, les seaux de gasoil dans le Tarn 

Après les intoxications de la veille, les producteurs du Tarn ont allumé des feux avec des milliers de seaux de gasoil près de Lavaur. La pratique provoque des fumées moins épaisses qu'avec des feux de paille, mais elle est interdite. Le parquet et la préfecture travaillent à des suites pénales dans ce dossier. 

La fumée noire qui se dégage des vergers à Labastide-Saint-Georges.
La fumée noire qui se dégage des vergers à Labastide-Saint-Georges. - Emmanuel Joulié
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