Agriculture – Pêche

Pas assez de moules mais une qualité au rendez-vous, les producteurs de Loire-Atlantique sont inquiets

France Bleu Loire Océan mercredi 10 août 2016 à 19:32

Les effectifs sont réduits cette saison chez les producteurs de moules du bouchot
Les effectifs sont réduits cette saison chez les producteurs de moules du bouchot © Radio France - Marion Paquet

C'est une deuxième saison catastrophique à laquelle doivent faire face les mytiliculteurs de Loire-Atlantique. Une deuxième saison de crise de mortalité des moules.

C'est la saison des moules en ce moment sur le littoral atlantique. Dans de nombreuses communes des Pays de la Loire, elles ont le droit à leur fête traditionnelles. Et rassurez-vous, il devrait y avoir en assez pour tout le monde chez nous, même si cette saison est catastrophique au niveau de la quantité.

Les producteurs sont inquiets, très inquiets. La saison des moules commence le 12 juin et fini habituellement fin octobre, mais là, les mytiliculteurs ne pêcheront certainement que jusque fin août. C'est la deuxième année que les moules meurent en mer, les producteurs de bouchot de l'atlantique enregistrent des pertes de 70% cette année. Et surtout, ils ne savent toujours pas d'où vient le problème ! des analyses sont en cours

Hugo Baudet, le président du syndicat de la bouchot de l'Atlantique.

Les producteurs n'ont donc pas vraiment le cœur à la fête : "On est inquiet pour l'avenir, dit Hugo Baudet, le président du syndicat de la bouchot de l'Atlantique. Il y a trois ans, il pêchait 600 tonnes par an , l'année passée que 200 tonnes. Mais il veut rester optimiste. On a que deux années de recul par rapport aux souci de mortalité sur les moules, on espère que dans l'avenir ça reprenne normalement, poursuit Hugo Baudet. Pour l'instant au niveau des entreprises, on est en minima au niveau du personnel et des investissements,  et puis après on pense avoir des aides de l'état qui devraient arriver mais on ne sait pas vraiment quand."

Il va falloir faire des économies, réduire les effectifs, réduire les coûts pour que l'entreprise survive" Antonio Charpentier, mytiliculteur à la Plaine-sur-mer

"On va attaquer la deuxième année comme ça, on va devoir faire des économies dans l'entreprise, regrette Antonio Charpentier, producteur de moules à la Plaine-sur-mer. Il y a trois ans, il pechait 150 tonnes par an, l'année dernière que 80 tonnes, et cette année il pense que ce sera pire encore. Il va falloir réduire les effectifs, réduire les coûts, et on se gratte la tête". La pêche aux moules est sa seule source de revenus, mais il pense à se diversifier, peut-être avec de l'huître ou de la culture d'algues, comme l'a fait son confrère, Hugo Baudet. Cette année, il s'est lancée dans la culture de spiruline, une micro-algue, très riche en fer, pour pouvoir compenser les pertes dues à la crise de mortalité des moules.

Antonio Charpentier, producteur de moule de l'entreprise familiale Mytilijade à La Plaine sur mer.

Malgré la crise, les moules sont de bonnes qualité

Si la quantité n'est pas au rendez-vous cette année, en revanche, la qualité des moules est bonne. Des analyses sont réalisées toutes les semaines, vous ne risquez pas de tomber malade. Le manque de production a quand même une répercussion sur le prix : un euro d'augmentation par rapport aux années précédentes.