Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Retrouvez les résultats définitifs du second tour des Municipales, commune par commune

Tous les résultats

Pas de "grève de la viande" pour les éleveurs du Limousin

-
Par , France Bleu Creuse, France Bleu Limousin

Pour tenter de faire remonter les cours, la Fédération Nationale Bovine appelle les éleveurs à ne plus envoyer d'animaux à l'abattoir. Une position difficile à tenir pour nos producteurs, qui ont besoin de rentrées financières.

Des Limousines dans la campagne creusoise
Des Limousines dans la campagne creusoise © Radio France - Olivier Estran

La "grève de la viande" n'aura sans doute pas lieu en Limousin. L'appel lancé par la Fédération Nationale Bovine ne trouve pour l'instant pas d’échos chez nos producteurs. Le défi est pourtant de taille, il s'agit de garder les animaux dans les élevages afin de faire pression sur toute la filière et faire remonter les cours.

"Je ne peux pas suivre cette grève, avoue Francis Coudert, qui possède une centaine de Limousines à Banize aux portes du Plateau de Millevaches, j'ai un employé à payer à la fin du mois, il y aussi toutes les autres factures et nos trésoreries ne nous permettent pas de tenir longtemps. Pour moi ce n'est pas réalisable."

Des trésoreries au plus bas

Ce discours, Christian Arvis, éleveur à Saint Frion et représentant de la FNB en Limousin le comprend très bien. "Aujourd'hui peu d’éleveurs peuvent se permettre de suivre ce mouvement, reconnait-il. C'est dommage car si on pouvait faire un blocus total, c'est là où on serait les plus efficaces pour obtenir ce que l'on demande depuis si longtemps: une revalorisation du prix payé aux producteurs."

"C'est malheureusement difficile car on est tous pareils, on travaille avec des trésoreries quasiment nulles, en flux tendus, et on est obligés de faire rentrer de l'argent pour payer les factures. On va devoir continuer à vendre nos bêtes régulièrement."

Christian Arvis, représentant de la FNB en Limousin
Christian Arvis, représentant de la FNB en Limousin © Radio France - Olivier Estran

Des cours très bas alors que la consommation est en hausse

La situation a pourtant tout pour être agaçante : les cours sont au plus bas alors qu'avec le confinement , on prend le temps de cuisiner. On consomme par exemple 75% de viande hachée en plus par rapport à l'an dernier à la même période. Et avec le beau temps, on a fait plein de grillades détaille la presse spécialisée.

"On nous paye 3 euros 60 le kilo de carcasse pour des taurillons, alors que le coût de revient se situe à 4 euros 20 poursuit Christian Arvis, autrement dit on travaille à perte. Le prix est encore plus faible pour les génisses. Le pire en ce moment, ce sont  les labels de qualité. Personne n'en veut."

"C'est vrai, complète Francis Coudert, mes animaux labellisés ne partent pas, ça marche au ralenti. Les distributeurs s’intéressent à de la viande meilleur marché où ils peuvent faire plus de marges."

"Il y a aussi un embouteillage, analyse Christian Arvis, avec la crise sanitaire, les gens consomment moins de produits laitiers, moins de fromages, du coup nos collègues laitiers réduisent la taille de leurs troupeaux et envoient leurs vaches de réforme à l'abattoir, ça participe à mettre sur le marché de la viande de grande consommation." 

"Difficile de dire comment s'etablissent les prix", concède Jean-Christophe Dufour le président de la Celmar, coopérative de la Souterraine qui rassemble des éleveurs de tout le Limousin.  

"On travaille bien avec les boucheries et les supérettes qui ont parfois multiplié leurs chiffres d'affaires par deux ou trois, mais ce sont les grandes surfaces qui ont souffert. Avec la crise sanitaire, elles ont fermé leurs rayons à la découpe, et cela reste le principal débouché pour nous."

Coup de pression sur une Grande Surface 

Même pendant le confinement, les éleveurs maintiennent leur vigilance sur l'origine des viandes que l'on trouve dans nos Grandes Surfaces.

Ce mardi, des représentants de la FDSEA (dont Christian Arvis),  des Jeunes Agriculteurs et de la Coordination Rurale ont fait part de leur mécontentement à un magasin d'Aubusson.

La Coordination Rurale de la Creuse adresse également une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture  pour lui demander de favoriser la vente de viande française :

"Comme l’a répété Monsieur le Président de la République, nous sommes en guerre. Les paysans feront leur part dans l'effort de guerre. Pour nourrir les Français aujourd'hui et demain, pour que la profession puisse surmonter cette crise, nous demandons de prioriser la commercialisation des productions agricoles françaises immédiatement sur tout le territoire pour stimuler nos ventes, avant d’importer de la viande européenne." conclut leur communiqué.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu