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Agriculture – Pêche

Pays Basque : un an après le CETA, le secteur agroalimentaire dresse un bilan

lundi 1 octobre 2018 à 5:55 Par Jacques Pons, France Bleu Pays Basque

Il y a un an, le 21 septembre 2017, un accord économique et commercial global entrait en vigueur entre l'Union Europeenne et le Canada. Le projet de CETA avait provoqué une mobilisation chez les agriculteurs. Un an après, quel bilan pour les paysans et les industriels de l'agro-alimentaire ?

Manifestation FNSEA-JA à Paris contre l'ouverture des frontières aux produits non europeens
Manifestation FNSEA-JA à Paris contre l'ouverture des frontières aux produits non europeens © Maxppp - Vincent Isore

Pays Basque, France

Le CETA (comprehensive économic and trade agreement) ou en français, l'accord économique et commercial global, est entré en vigueur le 21 septembre 2017. Cet accord commercial entre le Canada et l'Union Européenne n'est pas ratifié par les 27 pays mais par 10 d'entre eux (en France, le dossier traîne). C'est donc une version "light" qui est appliqué durant trois ans, en attendant que les autres pays de l'Union l'adoptent.

La signature du CETA à Bruxelles - Maxppp
La signature du CETA à Bruxelles © Maxppp - Yé Pingfan

Pourquoi une version "allégée" du CETA?

L'accord CETA ne sera définitif qu'une fois voté par toutes les parlements nationaux et régionaux (38 au total !) dans les pays membres de l'UE. L'affaire peut prendre des années en sachant qu'un seul refus d’une assemblée peut bloquer la machine.

Le CETA redouté par ses opposants

Même allégé l'accord commercial est redouté par ses opposants. Pour eux, le continent américain met un pied dans la porte européenne. En clair, on ne se trouve plus "dans l'Europe qui protège" chantée par Emmanuel Macron. Les opposants voient dans cet accord le début d'une remise en question de nos droits sociaux et/ou ceux des consommateurs. Pour certains (comme Stop TAFTA), cet accord canadien, va "remettre en question les fondamentaux démocratiques de nos sociétés".

Une manifestation anti-CETA à Paris - Maxppp
Une manifestation anti-CETA à Paris © Maxppp - Bruno Levesque

Le CETA, "une aberration pour l'agriculture" selon Stop TAFTA

Pour le collectif unitaire "stop Tafta" l'accord entre le Canada et l'Union Europeenne est "une aberration pour l'agriculture" et constitue "un faux pas climatique". On peut lire ici le communiqué très critique de "Stop TAFTA" saluant la première année de cet accord le 21 septembre dernier.

Manifestation de la FNSEA et des JA à Paris contre le CETA en décembre 2017 - Maxppp
Manifestation de la FNSEA et des JA à Paris contre le CETA en décembre 2017 © Maxppp - Vincent Isore

Le fromage Ossau-Iraty n'est pas protégé par l'accord

L'autre souci, plus immédiat, pour les agriculteurs ce sont les produits d'appellation d'origine. Dans le CETA canadien on n'en compte que 174 alors qu'il existe 1400 produit AOP et AOC en Europe. Sur la liste des 174 produits du CETA ne figure pas l'Ossau Iraty. Et cette absence, les producteurs du Pays Basque la redoute. La crainte des fabricants de fromage est que n'importe quelle fromagerie canadienne peut présenter sur le marché français un produit similaire au fromage basco-béarnais.

Et pourtant, les exportations de fromages basques vers le Canada augmentent

Mais voilà qu'un an après le lancement du CETA Peio Etxeleku, membre du conseil d'administration de l'AOP Ossau iraty et patron de la fromagerie Agour note un effet sur ses exportations vers le Canada. Chez Agour, un fromage sur dix est vendu sur le continent américain.

Pour Peio Etxeleku les exportations de fromages Ossau Iraty vers le Canada ont augmenté

C'est la viande bovine canadienne qui pose problème — Panpi Sainte-Marie d'ELB

Pour les agriculteurs et leurs syndicats le principal problème du CETA concerne les viandes bovines. En France, l’élevage répond à des critères précis. Au Canada, on produit encore de la viande aux hormones. Pour  ELB (euskal laborarien batasuna, en français, le syndicat des paysans basques) le CETA est un cheval de Troie.

Pampi Saint-Marie, secrétaire général et porte-parole d'ELB

Cet accord de libre-échange est une honte ! — Bernard Layre, président de la FDSEA 64

Du coté de la FDSEA (fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) on estime que placer l'agriculture au sein de négociations commerciales internationales est une hérésie. C'est le point de vue de Bernard Layre, président départemental de la FDSEA des Pyrénées-Atlantiques.

Bernard Layre, président de la FDSEA 64

La première année du CETA célébrée par le Canada

Pour assurer la promotion du CETA le Canada diffuse en ce moment sur Youtube une dizaine de vidéos. L'une d'entre elle promeut les effets de l'accord intercontinental sur les agriculteurs basques, notamment, les producteurs de piment d'Espelette.

Pour les autorités canadiennes, le CETA est déjà un succès. En une année, le montant du chiffre d'affaires réalisé d'un coté comme de l'autre de l'Atlantique atteint les 500 millions d'euros.  Par ailleurs, pour Tristan Landry, chef de la section commerce à l'ambassade du Canada, la liste des produits français d'appellation d'origine protégée n'est pas exhaustive.

Tristan Landry, chef de la section commerce à l'ambassade du Canada