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Pêche : au large de Fécamp, la bataille entre chalutiers géants et pêcheurs traditionnels continue

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Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Depuis lundi, huit chalutiers, pour la plupart néerlandais, avec une capacité de 200 tonnes chacun pêchent au large de Fécamp. Une pratique légale et ancienne mais un modèle économique que veut dénoncer l'association Pleine Mer.

Le chalutier Scombrus de la société française France Pélagique, filiale du Néerlandais Cornelis Vrolijk a été inauguré en Bretagne en septembre dernier
Le chalutier Scombrus de la société française France Pélagique, filiale du Néerlandais Cornelis Vrolijk a été inauguré en Bretagne en septembre dernier © Maxppp - Lionel le Saux

Depuis lundi, huit chalutiers géants (entre 80 et 120 m) pêchent au large de Fécamp avec une capacité de 200 tonnes par navire. C'est tout à fait légal mais l'association Pleine Mer qui compte entre 20 et 30 membres pêcheurs en Normandie, veut alerter sur ce modèle économique de pêche qui selon elle nuit aux pêcheurs traditionnels.

Pêche traditionnelle contre pêche industrielle

Depuis des années, les chalutiers géants (qui mesurent en moyenne 100 m de long) pêchent en Manche. Une pratique tout à fait légale car ces chalutiers sont évidemment soumis à des quotas et des contrôles comme les pêcheurs artisans du littoral. Ce qui pose problème à plusieurs acteurs du monde de la mer, c'est le modèle économique de ces chalutiers. Souvent ils battent pavillon Néerlandais. Ceux qui montrent un pavillon Français, Britannique ou Allemand ont généralement des capitaux Néerlandais. Par exemple, la société familiale Française France Pélagique, est désormais une filiale du groupe Néerlandais Cornelis Vroljik. Au Pays-Bas, il n'existe pas ou très peu de pêche traditionnelle comme en France, ces chalutiers géants qui permettent de congeler le poisson à bord sont légion. France Pélagique se veut un armateur moderne, il met d'ailleurs en avant sur son site internet l'innovation technique de ses navires qui entraîne également moins de pénibilité pour les marins. 

Pour les petits pêcheurs traditionnels, ce modèle de pêche ne devrait pas exister." dit Thibaut Josse, Pleine Mer

ECOUTEZ Thibaut Josse de l'association Pleine Mer

Selon l'association Pleine Mer, avec "cette technique" de rachat de capitaux, "les Hollandais s'approprient les quotas de pêche des différents pays d'Europe" qui pourraient être répartis sur plusieurs petits bateaux Français. 

ça permet à de gros industriels Hollandais de s'approprier les quotas de pêche Français"

L'association Pleine mer n'attend rien du Comité National des Pêches car au sein de cet organisme, l'un des vice-présidents Antoine Dhellemes est le dirigeant de France Pélagique

Au niveau locale, le Comité Régional des Pêches Maritime et des Elevages Marins de Normandie (CRPMEM) se bat aussi contre ce modèle économique qui "ne procure aucune retombées économiques sur le littoral normand" puisque les tonnes poissons pêchées en Manche par ces gros chalutiers "inondent ensuite le marché africain" explique Dimitri Rogoff, président du CRPMEM. Bien que le président du CRPMEM ne soit pas fan de la méthode du buzz sur les réseaux sociaux utilisée par l'association Pleine Mer, il rappelle qu'il n'y a pas d'évaluations sur l'atteinte aux écosystèmes marins mais que ce serait souhaitable.

Ce n'est pas une bonne façon de valoriser les ressources aujourd'hui."dit le président du comité régional des pêches

ECOUTEZ Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches de Normandie

Avec le Brexit, Dimitri Rogoff espère que la politique commune des pêches sera revue de fond en comble et surtout rééquilibrée entre pêche traditionnelle à la Française et pêche industrielle à la Néerlandaise. 

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