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Agriculture – Pêche

Pêche non-durable : à Cherbourg, l’enquête d’UFC-Que choisir questionne

lundi 24 décembre 2018 à 7:06 Par La rédaction de France Bleu Cotentin, France Bleu Cotentin et France Bleu

Selon UFC-Que choisir, 86 % des poissons vendus dans la grande distribution seraient pêchés selon des méthodes non-durables. Trois espèces, menacées par la surpêche, sont citées : le cabillaud, la sole et le bar. Dans le Cotentin, certains professionnels de la pêche dénoncent une enquête erronée.

Les poissons vendus dans la grande distribution seraient issus d'une pêche non-durable
Les poissons vendus dans la grande distribution seraient issus d'une pêche non-durable © Maxppp - Patrick Lefevre

Cherbourg-Octeville, Cherbourg-en-Cotentin, France

Selon une étude publiée lundi 17 décembre par la revue UFC-Que Choisir, la quasi-totalité (86%) des poissons présents sur les étals des grandes surfaces ne sont pas issus de la pêche durable. On trouve notamment le cabillaud, la sole et le bar, des espèces menacées par la surpêche. Des chiffres relevés auprès de 1134 poissonneries de grandes surfaces, entre le 20 janvier et le 3 février 2018.

Un sujet sensible

À Cherbourg, la problématique, c’est la pêche du bar. Un sujet « sensible » selon Séverine Jean,  responsable d’Exploitation à la criée : « Pour la pêche au bar, il y a une réglementation forte. Mais selon les différentes méthodes et activités de pêche, les réglementations diffèrent. Certains ont une fermeture sur les deux premiers mois de l’année, d’autres sur les six premiers mois, et d’autres n’ont absolument pas le droit de le pêcher. Notre rôle c’est de contrôler tout cela. »

Séverine Jean, responsable d'exploitation à la criée de Cherbourg. - Aucun(e)
Séverine Jean, responsable d'exploitation à la criée de Cherbourg. - Mathieu Message

Dimitri Rogoff est pêcheur et président de Normandie Fraîcheur Mer. Il considère que l’enquête d’UFC-Que choisir est mal menée : « Faire une extrapolation à partir de trois espèces, alors qu’on débarque quotidiennement une cinquantaine d’espèces, coquillages compris, c’est un peu faire un raccourci rapide. Sur Cherbourg, la pêche se porte bien, avec des nouveaux navires qui vont arriver. Si on mettait en péril la durabilité des espèces, on mettrait en péril notre profession. »

Dimitri Rogoff, président de NFS, réagit à l'enquête d'UFC-Que Choisir

La grande distribution se défend

Plus que les pêcheurs, ce sont les politiques commerciales de la grande distribution qui sont critiquées dans l’étude d’UFC-Que choisir. Intermarché et Système U sont les vilains petits canards. Mais d’autres groupes tels que Casino ou Auchan sont pointés du doigt.

Contacté par téléphone, Olivier Louis, directeur de la communication d'Auchan Retail France, conteste les chiffres cités dans l’enquête. Même s’il reconnaît quelques défaillances pour ce qui est de l’étiquetage : « L’enquête d’UFC est contestable car ils prennent trois exemples de poissons qui ne représentent que 28% des espèces présentes sur nos étals. Il y a des efforts à faire en termes d’étiquetage. Mais s’il y a des choses à redire, c’est plutôt du côté de la transparence que du 'process'. On peut reconnaître certaines défaillances. Mais sur 20.000 produits contrôlés, 7,4% comportent un défaut de balisage. On est loin des 60% annoncés par UFC-Que choisir ! »

Julien Leprince, manager à la poissonnerie Auchan - La Glacerie. - Aucun(e)
Julien Leprince, manager à la poissonnerie Auchan - La Glacerie. - Mathieu Message

Pour le groupe Auchan, 85% des espèces présentes sur les étals viennent du bureau d’achat marée de Lorient (Morbihan). Face à l'enquête d'UFC-Que choisir, le groupe Auchan préfère évoquer le lien entretenu avec des producteurs locaux. Le magasin de La Glacerie travaille avec la maison Pinteaux, située à Saint-Vaast-la-Hougue. Julien Leprince, manager en poissonnerie, insiste sur cette pêche locale : « On travaille sur des poissons entiers, sauvages, pêchés sur nos côtes. On n’a pas de label particulier, mais on peut mettre en avant cette pêche du jour. Notamment sur la plie carrelet ou la dorade grise.»

L’enquête menée par UFC-Que choisir a été publiée à un moment fatidique. En effet, les quotas de pêche sur l’année 2019 viennent d’être fixés par le Conseil européen de l'Agriculture et de la Pêche, à Bruxelles.

Reportage à Cherbourg sur la pêche non-durable vendue en grande surface