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Agriculture – Pêche

Plan loup : associations, éleveurs et chasseurs vosgiens restent insatisfaits

dimanche 28 janvier 2018 à 20:13 - Mis à jour le lundi 29 janvier 2018 à 7:00 Par Lucas Valdenaire, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Le gouvernement a lancé une consultation publique pour définir le plan loup jusqu'en 2023. Elle prend fin ce lundi 29 janvier. Plusieurs pistes sont déjà largement évoquées. Dans les Vosges, les associations de défense sont en colère. Les éleveurs, frustrés. Les chasseurs, insatisfaits.

En 2018, 40 loups pourront être abattus en France.
En 2018, 40 loups pourront être abattus en France. © Maxppp - Franz Chavaroche / Photo PQR Nice Matin

Vosges, France

Que faire du loup dans les Vosges ? Ces trois dernières semaines, le gouvernement a lancé une consultation publique. Éleveurs, chasseurs, élus et associations de défense y ont participé sur Internet. Cette consultation prend fin ce lundi 29 janvier. Un plan loup doit être défini par le gouvernement. Il fixera la politique à conduire jusqu'en 2023. La cohabitation entre le loup et les éleveurs semble, d'ores et déjà, la philosophie adoptée par l’exécutif.

Des tirs de défense supplémentaires

Le principal point de tension reste la question des prélèvements : faut-il encore tuer des loups pour protéger les troupeaux du département ? En France, selon les chiffres de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (chiffres datés du dernier hiver 2016-2017) : près de 360 animaux sont présents en France, contre 292 l'année précédente, soit une augmentation de 23%. Dans les Vosges, trois individus auraient été aperçus (deux dans la plaine, et un dans l'ouest du département). Il y en aurait plus, selon plusieurs associations ou éleveurs.

Pour assurer cette viabilité, le ministre de la Transition écologique table sur un total de 500 individus en France. Pour cela, le gouvernement autorise 40 prélèvements (donc, 40 animaux tués) sur l'ensemble de l'année 2018. Si cela ne suffit pas, les préfets coordonnateurs pourraient autoriser des tirs de défenses supplémentaires : des tirs censés éloigner le danger mais qui peuvent quand même tuer. C'est une avancée notable pour Franck Muller, éleveur de moutons dans la Meuse et président de l'association "Encore éleveur demain".

"Disons qu'il y a une volonté d'aller dans le sens des éleveurs avec des tirs de défense. Même si notre souhait était de les généraliser."

"Il y a désormais la possibilité d'utiliser des carabines à canon rayé, poursuit Franck Muller. Alors que jusqu'à présent la première étape était d'utiliser des fusils à canon lisse, avec une portée nettement plus limitée."

Gérard Mathieu, le président de la Fédération de chasse dans les Vosges dénonce, lui, des règles absurdes.

"On va dire aux gens, vous pouvez tirer que si l'animal est à l'intérieur de l'enclos, si jamais il est un mètre à l'extérieur vous ne pouvez pas le tirer, même s'il vient de vous bouffer 10 moutons, donc ça, ça ne me va pas."

Enfin, la fédération de chasse des Vosges pointe du doigt un manque de clarté du plan de chasse. Gérard Mathieu dénonce ainsi le flou autour de la définition du loup à abattre : s'agit-il d'un loup pur ou bien d'un loup hybride ? Et comment faire ensuite la différence sur le terrain ? 

Tuer est une "aberration"

Tirer sur le loup est une aberration, proteste Nicolas Simonet. Selon lui, l'augmentation des prélèvements ne permet pas de diminuer le nombre d'attaques. Il est le président de l'ASPA dans les Vosges, une Association de secours et de placement des animaux : "il faut apprendre au loup que le mouton c'est quelque chose de négatif. Mais on peut très bien le faire par de l’électricité ou des odeurs". 

"Si un loup attaque un mouton et prend une décharge électrique, il va l'apprendre à la meute. Alors que si vous tuez ce loup-là, la meute ne saura pas et elle va toujours attaquer."

Pour le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, la viabilité de l'animal est un "objectif non négociable". Le loup reste aujourd'hui une espèce protégée.

"Tuer des loups, cela ne règle pas le problème," réagit Nicolas Simonet de l'ASPA dans les Vosges - Radio France
"Tuer des loups, cela ne règle pas le problème," réagit Nicolas Simonet de l'ASPA dans les Vosges © Radio France - Lucas Valdenaire

Indemniser les éleveurs... sous condition

Dans ce plan 2018-2023, une mesure envisagée met presque tout le monde d'accord : l'amélioration des moyens de protection des troupeaux. "Tuer des loups, cela ne résout pas le problème, alors pour nous la seule solution, c'est la protection des troupeaux," explique Nicolas Simonet de l'ASPA. 

"La solution, c'est que l'Etat fasse comme en Allemagne : les éleveurs sont protégés quand il y a du loup. Au bout d'un an, s'ils ne sont plus protégés ils ne sont plus indemnisés." 

Justement, le plan loup 2018-2023 irait dans ce sens : les éleveurs resteront indemnisés en cas d'attaque mais à une seule condition : installer des moyens de protection. Encore faut-il qu'elles soient efficaces ajoute Franck Muller, de l'association "Encore éleveur demain".

"Jusqu'à présent, on nous a toujours demandé de mettre des moyens de protection qui n'ont jamais été testés. Et là, dans le cadre du plan, ils est prévu de les tester."

"Nous nous intégrons parfaitement dans cet esprit, poursuit l'éleveur meusien. Actuellement, nous testons des colliers à ultrasons ainsi que des colliers répulsifs, mais cela nécessite plus de moyens et plus de temps, sachant qu'on est déjà occupé par notre métier d'éleveur."

Le gouvernement prévoit ainsi de tester de nouvelles clôtures électrifiées ou encore de nouvelles armes non-létales. Un réseau d’experts sur les chiens de protection pourrait également être mis en place. Le plan loup devrait enfin participer à la création d'un observatoire sur l’efficacité des mesures de protection des troupeaux.

Dans une lettre datée du 23 janvier 2018, adressée au Président de la République Emmanuel Macron, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles ainsi que d'autres associations d'éleveurs "réaffirment leur refus de toute conditionnalité des indemnisations des troupeaux prédatés, à leur protection".

Le plan loup 2018-2023 doit entrer en vigueur au début du mois de février.