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Agriculture – Pêche

Politique agricole commune : certaines aides en péril ?

jeudi 8 mars 2018 à 19:59 Par Thibault Quilichini et Olivier Castel, France Bleu Picardie et France Bleu RCFM

La chambre régionale d'agriculture de Corse s'alarme d'un changement de cap dans l'attribution des aides de la politique agricole commune. À partir d'avril 2018, les surfaces dites "peu productives" ne seront plus éligibles aux aides européennes de la PAC.

Tracteur
Tracteur © Maxppp - Maxppp

Corse, France

L'annonce de la direction régionale de l'agriculture fait l'effet d'une bombe dans le milieu agricole. Les surfaces "peu productives", autrement dit pas exclusivement recouvertes d'herbe, n'auront plus droit aux aides européennes de la PAC. Selon la chambre régionale d'agriculture, elles pourraient être réduites d'un tiers en Corse, notamment dans les exploitations de l'intérieur. Une décision qui provoque la colère des chambres d'agriculture et des organisations syndicales agricoles

Communiqué commun des chambres d'agricultures et de certaines organisations syndicales - Radio France
Communiqué commun des chambres d'agricultures et de certaines organisations syndicales © Radio France - Olivier Castel

L'ODARC temporise 

Des son côté l’exécutif de Corse souhaite disposer de tous les éléments avant d'entamer des discussions avec la DRAAF (Direction régionale de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt). Cependant, pour le Président de l'ODARC Lionel Mortini, la part des choses doit être faite entre "les vrais agriculteurs" et les déclarations de surfaces abusives "La question est de savoir exactement de quoi on parle, de quels montants, sur combien d'agriculteurs et sur quelles surfaces ? Aujourd'hui aller se battre pour que des surfaces complètement improductives soient financées, je ne pense pas que cela soit une bonne bataille[...] Il faut, sur ceux qui seraient véritablement impactés, regarder si ce sont des gens qui ont profité d'un effet d'aubaine ou si ce sont de vrais agriculteurs, et à ce moment-là trancher."

Lionel Mortini, Président de l'ODARC

Une carence de l'Etat pour Joseph Colombani

Les abus, bien qu'ils existent, ne seraient qu'un prétexte pour faire disparaître une certaine forme d'agriculture selon le Président de la chambre régionale d'agriculture, Joseph Colombani. L'Etat aurait notamment failli à son devoir de contrôle de la clause de contournement, une réglementation européenne qui détermine l'attribution des aides de la PAC "Cette clause de contournement est une obligation faite à l'Etat membre, donc à l'Etat français, de vérifier et de refuser toutes les déclarations de surfaces qui seraient exagérées et qui seraient d'ordre opportun, uniquement pour toucher des primes. _L'Etat n'a jamais appliqué en Corse cette clause de contournement_[...] Aujourd'hui ce ne sont pas les excès que l'on juge, bien entendu, aujourd'hui est jugée simplement la reconnaissance de nos parcours ancestraux. J'ai peur que ce soit une volonté européenne de tuer ce type d'agriculture".

Joseph Colombani, Président de la chambre régionale d'agriculture

Contacté par nos soins, le directeur de la DRAAF est resté injoignale. Si l'information donnée par la direction régionale de l'agriculture à la chambre régionale est vérifiée, 50 000 hectares sur les 200 000 déclarés en Corse ne seraient plus aidés financièrement via la PAC. Cela concernerait huit-cents agriculteurs dans l'île. Ces surfaces de maquis devraient toutefois rester éligibles jusqu'en 2020 aux aides de la PAC, à travers le dispositif des "parcours pastoraux", obtenu en 2015 sous le ministère de Stéphane Le Foll.