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Future politique agricole commune : pourquoi les agriculteurs biologiques s'y opposent-ils ?

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Par , France Bleu

Alors que la future Politique agricole commune est actuellement en cours de négociations au niveau européens, les agriculteurs biologiques et les organisations écologistes montent au créneau pour faire entendre leur désaccord. Les représentants de l'agriculture biologique se considèrent abandonnés.

Les agriculteurs bio contestent la future PAC qui veut les mettre "à poil"
Les agriculteurs bio contestent la future PAC qui veut les mettre "à poil" - InPact Nouvelle Aquitaine

Depuis plusieurs jours, des agriculteurs biologiques s'affichent nus sur les réseaux sociaux. Ils veulent faire entendre leur voix alors qu'ils se considèrent totalement abandonnés par la future Politique agricole commune en cours de négociations actuellement au niveau européen. Plusieurs organisations syndicales ou écologistes leur emboîtent le pas afin de dénoncer les futures règles qui encadreront l'agriculture en Europe. Voici les principaux points de désaccord. 

Des agriculteurs biologiques "à poil"

"La nouvelle PAC va nous laisser à poil" assène la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) sur Twitter. L'organisation a partagé sur le réseau social des photos d'agriculteurs posant nus dans leur exploitation, le sexe dissimulé par des pancartes. La raison de la colère ? La future PAC prévoit la disparition d'aides spécifiques à l'agriculture bio, pour les agriculteurs déjà convertis à ce mode de production. Le ministère de l'Agriculture considère que le marché est déjà suffisamment rémunérateur. Seules les conversions vers le bio seront subventionnées, pour 340 millions d'euros par an. 

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"La communication sur une enveloppe augmentée pour les paysans conventionnels qui veulent se convertir à la bio n'est que poudre aux yeux, ce budget est fictif et ne sera jamais dépensé, personne n'ira se convertir sans soutien durable", affirme Loïc Madelin, secrétaire national de la Fnab chargé de la PAC, dans un communiqué. L'organisation a appelé à une mobilisation ce mercredi à Paris. 

Une PAC pas assez verte

La prochaine PAC, qui prendra effet sur la période 2023-2027, prévoit une nouveauté avec le dispositif "d'écorégime", qui conditionne le versement de plus ou moins un quart des aides directes (soit 1,6 milliard d'euros par an) à des pratiques vertueuses sur le plan environnemental. Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture, défend un système "inclusif", qui laisse peu d'agriculteurs sur le bord de la route : cela subventionnera ceux qui maintiennent des prairies permanentes, plantent des haies, préservent des zones humides, etc. 

Avec ce nouveau système, les agriculteurs bio bénéficieront d'aides plus élevées, mais au même titre que ceux certifiés Haute valeur environnementale (HVE), une norme française associée par ses détracteurs à un label de "greenwashing". Créée par le ministère, la HVE encourage et reconnaît les efforts des exploitations agricoles pour augmenter la biodiversité, gérer l'eau mais n'interdit pas l'utilisation de pesticides et engrais de synthèse. 

Un certificat pas assez exigeants pour les chercheurs

Dans une note publiée en mars dernier, l'institut de recherche Iddri, qui travaille sur le développement durable, estime "qu'en l'état actuel de son cahier des charges, cette certification ne peut prétendre accompagner une réelle démarche de transition agroécologique". 

"Un dispositif HVE défaillant affaiblit l'ensemble du dispositif d'écorégime, en ouvrant une brèche dans les exigences environnementales pour accéder aux aides publiques", ajoutaient les chercheurs. Ils jugeaient "important de soutenir spécifiquement les certifications ayant une réelle valeur ajoutée environnementale démontrée, et notamment l'agriculture biologique et l'élevage extensif".

Quelle place pour les petits exploitants ? 

Autre point de crispation, l'aide apportée aux petits exploitants agricoles. Les syndicats Confédération paysanne et Modef, respectivement troisième et quatrième organisations de la profession, plaidaient pour l'instauration d'une aide aux petits agriculteurs et une revalorisation du paiement sur les premiers hectares pour soutenir les petites et moyennes exploitations. Ils n'ont pas été entendus. "Le ministre dit faire le choix de la 'stabilité', c'est donc qu'il assume de figer les inégalités", tance la Confédération paysanne. 

"Les neuf milliards d'euros annuels de la PAC doivent servir à créer de l'emploi paysan et non à le détruire comme c'est le cas depuis 30 ans" déplore encore le syndicat.

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