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Agriculture – Pêche DOSSIER : Le pourquoi du comment

Pourquoi l'Europe va-t-elle imposer de nouvelles règles à l'agriculture biologique

lundi 23 avril 2018 à 4:08 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre et France Bleu

Les députés européens ont adopté jeudi dernier un nouveau règlement sur la vente des produits bio. Un texte inédit qui est l'aboutissement d'une longue négociation ? On fait le point sur ce que ça va changer.

Les ventes de produits issus de l'agriculture biologique progressent de 12% par an.
Les ventes de produits issus de l'agriculture biologique progressent de 12% par an. © Maxppp - Julio PELAEZ

Pourquoi fallait-il changer les règles autour du "bio" ?

C'est une filière qui pèse de plus en plus lourd. Au niveau Européen, les ventes de produits bios augmentent de 12% chaque année. C'est un marché d'environ 30 milliards d'euros, soit 125% d'augmentation en 10 ans.  Le bio est recherché par le consommateur. La grande distribution en propose de plus en plus.

Pourtant, la dernière législation européenne sur le bio datait de 2007, avec, même, certaines règles vieilles de 20 ans. Autant dire que ce n’était plus vraiment adapté au marché.

Qu’est-ce qui va changer concrètement avec ce nouveau règlement ?

L'idée est de sauvegarder la confiance des consommateurs, notamment pour les produits importés. Car aujourd'hui, 30% des produits bios vendus en France viennent de l'étranger, dont 15% sont fabriqués ou cultivés en dehors de l'Union Européenne.

Ces produits viennent d'un des pays dont la réglementation a été jugée équivalente à celle de l’UE par la commission européenne. Il s’agit notamment de l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, Israël ou encore la Tunisie. Mais les produits peuvent aussi venir d'ailleurs s'ils ont obtenu une autorisation spéciale délivrée par l'un des pays membres. 

Avec ce nouveau texte, les règles devraient désormais être les mêmes pour tous. Les produits qui rentreront dans l'UE devront respecter les standards européens. Avec des contrôles renforcés dans le pays de départ et à l'arrivée sur le sol européen. C'est une bonne nouvelle selon Philippe Camburet, agriculteur dans le sud de l'Yonne et président du GABY, le groupement des Agro-biologistes de l'Yonne : "il fallait absolument réglementer les échanges au niveau international pour rassurer les consommateurs. Il y avait beaucoup de flou. On sait très bien que sur certaines productions exotiques, on avait du mal à avoir une parfaite confiance. Il y a un exemple célèbre qui est celui de la banane.  certaines bananes produits sur un label bio étranger dont le cahier des charges était largement plus permissif que celui qu'on peut avoir en Europe. Il était même proche de l'agriculture conventionnelle !" explique le céréalier.   

Autre nouveauté : au sein même de l'union européenne, la fin progressive des dérogations, notamment celle qui permet de faire de la culture bio en bacs.

Enfin, cette nouvelle réglementation devrait faciliter la conversion d'agriculteurs européens vers le bio. Les petits producteurs pourront par exemple obtenir une certification de groupe et économiser du temps et de l'argent. Là aussi, Philippe Camburet, le représentant des agriculteurs bio dans l'Yonne, applaudit : "tous les agriculteurs bio de l'Yonne sont soumis à un contrôle annuel de toutes leurs pratiques. Un contrôle à leur frais qui est obligatoire pour pouvoir commercialiser leur production sous le label AB. Mais on sait très bien que pour des agriculteurs qui n'ont que de très faibles production, ce coût de certification peut être trop important. Les autoriser à se regrouper pour réduire les coûts, c'est une bonne mesure qui portera ses fruits notamment dans l'Yonne." 

Cet accord ne sera appliqué qu'en 2021, alors en attendant, si je veux des produits bio de qualité, à quoi dois-je faire attention ?

D'abord, il y a les logos : le label français AB, ou le label européen (en forme de petite feuille verte avec des étoiles). Surtout, il faut faire preuve de bon sens : acheter local autant que possible et acheter des fruits et des légumes de saison.

Il faudrait aussi éviter les produits transformés, qui peuvent être trompeurs. L'exemple classique, c'est le poisson pané dont seule la chapelure est bio.

Enfin, méfiez-vous du « marketing vert » et dites-vous que "bio" ne veut pas forcément dire "comme chez mémé". Le poulet bio n'a pas forcément été élevé en plein air. Les tomates bios n'ont pas forcément été cultivées en pleine terre.

Alors prenez votre panier pour faire les courses, mais n’oubliez pas vos lunettes pour lire les étiquettes !

Le "pourquoi du comment" sur l'agriculture biologique - par Delphine Martin

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