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Produira-t-on un jour du fromage de Valençay au Canada ?

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry vendredi 16 septembre 2016 à 14:45

Pascal Rabaté, producteur de Valençay à Frédille, au milieu de son troupeau de 220 chèvres.
Pascal Rabaté, producteur de Valençay à Frédille, au milieu de son troupeau de 220 chèvres. © Radio France - Sarah Tuchscherer

Un accord négocié entre le Canada et l'Union européenne prévoit la reconnaissance de certaines AOP, telles que le camembert et le roquefort. Mais dans la liste, plusieurs grands noms du fromage manquent à l'appel, notamment les deux AOP du Berry : Valençay et Pouligny-St-Pierre.

Verra-t-on un jour du fromage de Valençay produit au Canada ? La question est moins incongrue qu'il n'y paraît. En effet, l'accord économique et commercial global (AECG) que l'Union européenne vient de négocier avec le Canada prévoit la reconnaissance d'un certain nombre d'Appellations d'Origine Protégée (AOP), mais pas celle du Valençay, ni celle du Pouligny-St-Pierre, les deux spécialités laitières classées en Berry.

La mise en garde de José Bové

C'est l'eurodéputé écologiste José Bové qui a tiré la sonnette d'alarme en publiant une tribune dans le journal Libération. Le texte est intitulé "Des fromages sacrifiés sur le plateau du libre-échange". D'après son auteur, le Valençay, le Pouligny et les autres spécialités ne figurant pas sur la liste des AOP reconnues par le Canada (le gruyère, le langres, l'ossau-iraty ou encore le pélardon) "pourront être fabriqués, copiés, plagiés au Canada sans que les producteurs n'y aient rien à redire".

Les producteurs de Valençay prêts à défendre leur AOP

Le président de l'AOP Valençay, Michel Carcaillon, partage l'indignation de l'écologiste. Selon lui, "les AOP défendent un territoire, des valeurs et une qualité de produit. Il faut le défendre". Il poursuit : "On ne peut pas faire du Valençay avec du lait industriel qui viendrait de Chine ou d'Australie, ça serait tromper le consommateur". Michel Carcaillon se dit tout de même relativement confiant. Il espère que les instances représentatives de la profession sauront faire pression pour obtenir une modification de l'accord, qui doit encore être ratifié par le Conseil et le Parlement européen ainsi que par les législateurs canadiens.

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