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Agriculture – Pêche

Sécheresse : construit pour irriguer en Limagne, le barrage de la Sep est aujourd'hui à sec

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Signe frappant du manque de pluie depuis un an dans le Puy-de-Dôme : le barrage construit sur la Sep pour l'irrigation est quasiment à sec, avec de lourdes conséquences pour les 200 exploitations qui en dépendent.

Le sol craquelé du barrage de la Sep à Saint-Hilaire-la-Croix. Au fond, le peu d'eau encore retenu.
Le sol craquelé du barrage de la Sep à Saint-Hilaire-la-Croix. Au fond, le peu d'eau encore retenu. © Radio France - Juliette Micheneau

Saint-Hilaire-la-Croix, France

Le sol desséché craque sous les pas. Les 33 hectares du barrage de la Sep ne sont plus qu'une plaine aride, hormis la petite masse d'eau qui reste cantonnée contre le mur de la retenue. Sur la terre poussiéreuse, des traces de pneus : certains pilotes de quad et moto cross ont transformé le fond du barrage asséché en piste du désert.

Le barrage de la Sep quasiment à sec. Reportage de Juliette Micheneau.

"Quand il est rempli à fond, le barrage fait 4,7 millions de mètres cubes et il nous reste à peu près 200 000 mètres cubes", explique Yannick Drevet, président de l'association de pêche de Combronde. La concentration des poissons dans l'eau restante commence à l'inquiéter, d'autant que, si les agriculteurs ne puisent plus dans le barrage, celui-ci continue de s'écouler pour maintenir le niveau de la Morge où, par endroit, l'oxygène commence à se faire rare pour les truites. 

Yannick Drevet, président de l'association de pêche de Combronde s'inquiète pour la santé des poissons qui restent dans le peu d'eau du barrage. - Radio France
Yannick Drevet, président de l'association de pêche de Combronde s'inquiète pour la santé des poissons qui restent dans le peu d'eau du barrage. © Radio France - Juliette Micheneau
Le barrage de la Sep lorsqu'il est normalement rempli. - Aucun(e)
Le barrage de la Sep lorsqu'il est normalement rempli. - (c) OTC

"Ça risque de durer jusqu'au 15 septembre, et après il n'y aura plus rien", prédit Michel Cohade, président du syndicat mixte pour l'aménagement de la Haute-Morge, en charge de ce barrage construit sur la Sep en 1994 pour irriguer une partie de la Limagne.

Le barrage de la Sep s'est asséché d'autant plus vite qu'il n'a été rempli qu'à 30% à cause du manque de pluie. - Radio France
Le barrage de la Sep s'est asséché d'autant plus vite qu'il n'a été rempli qu'à 30% à cause du manque de pluie. © Radio France - Juliette Micheneau

Manque de pluie et moins d'un tiers du barrage rempli

Celui qui est aussi agriculteur à Saint-Bonnet-près-Riom a fait les comptes : "Du 1er août 2018 au 31 juillet 2019, on a eu moins de 400 millimètres au lieu des 600 à 700 habituels". Dans ces conditions, raconte Michel Cohade, "On a rempli le barrage à 30 % de sa capacité, à peine, ce qui correspond à peu près à 50 millimètres d'irrigation. D'habitude on met 200 millimètres."

Michel Cohade, agriculteur et président du syndicat mixte pour l'aménagement de la Haute-Morge

Chez son fils, Pierre Cohade, les cultures ont évidemment souffert de ce manque d'arrosage comme dans les 200 exploitations de Limagne qui dépendent de ce barrage de la Sep pour l'irrigation. "On a regardé nos cultures souffrir, et on attend la pluie." Récoltes de blé ou de betteraves catastrophiques, des maïs qui ont soif : Pierre Cohade est inquiet pour l'avenir. "Si la saison prochaine se présentait de la même façon, beaucoup d'exploitations ne redémarreraient pas l'année d'après."

Changement de cultures et retenues d'eau

Tous réfléchissent bien sûr à des solutions. Des plantes moins gourmandes en eau ? "C'est pas aussi simple que ça", assure Pierre Cohade. "J'ai pas mal de collègues qui avaient des légumineuses cette année et le résultat n'a pas du tout été au rendez-vous. De toutes façons, _quelle culture que ce soit, on aura toujours besoin d'eau_." Comme beaucoup, l'agriculteur réclame une vraie politique de stockage de l'eau

Michel et Pierre Cohade sur leur exploitation de Saint-Bonnet-près-Riom. - Radio France
Michel et Pierre Cohade sur leur exploitation de Saint-Bonnet-près-Riom. © Radio France - Juliette Micheneau

Mais le barrage à sec alors ? "La Sep est un barrage atypique, avec un petit bassin versant et qui ne reçoit pas l'eau de la montagne. Mais il y a des rivières qui coulent toute l'année. Alors pourquoi ne pas stocker l'eau quand elle coule, pour l'utiliser quand on a besoin."

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