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Agriculture – Pêche

Puy-de-Dôme : le week-end de la dernière chance pour la pisciculture de Puy-Guillaume

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Le Moulin de la Charme, à Puy-Guillaume, est en péril. Cette pisciculture, qui manque d'eau, voit mourir ses truites. Un SOS, lancé sur Facebook, a fait réagir les amateurs de poissons. Mais c'est surtout la pluie qui pourrait la sauver.

Chaque jour, des dizaines de kilos de truites meurent au Moulin de la Charme
Chaque jour, des dizaines de kilos de truites meurent au Moulin de la Charme © Radio France - Dominique Manent

Puy-Guillaume, Puy-de-Dôme, France

Survivra ? Survivra pas ? On en est là à Puy-Guillaume. Gaëtan Bruchet a du mal à envisager l'avenir. Voilà neuf ans qu'il a repris le Moulin de la Charme, une pisciculture bio où depuis quelques jours les poissons meurent, faute d'oxygène. Sur la Credogne, la rivière qui alimente ses bassins, le débit du barrage a été réduit par la ville voisine de Thiers car elle manque d'eau potable pour ses habitants. Dans un témoignage poignant sur Facebook, Gaëtan a appelé les amateurs à venir acheter son poisson : "Pour sauver les meubles".

Chaque jour, je perds 70 kilos de poissons

Depuis quelques jours, les clients font la queue au Moulin de la Charme. C'est le cas de Michel, sensible aux difficultés de la pisciculture :"Je viens acheter des grosses truites. Elles sont bonnes. C'est surtout pour l'aider. L'eau est trop chaude et les poissons meurent". 

Les clients font la queue pour acheter des truites - Radio France
Les clients font la queue pour acheter des truites © Radio France - Dominique Manent

Le jeune pisciculteur confirme : "Chaque jour, je perds 70 kilos de poissons. L'eau est à 25 degrés et on a un débit de 10 litres à 15 litres seconde". Ces truites mortes, on peut les voir, au bord des bassins, dans des seaux :"On a envie de pleurer tous les jours, on n'a plus envie de faire ce métier". 

Gaëtan se sent abandonné. Les pisciculteurs sont les oubliés de l'agriculture. "Pour prétendre à une aide, il faudrait que je perde 30 % de mon chiffre d'affaires et 13 % de mon bénéfice, c'est énorme ! Si on perd ça, ça veut dire qu'on n'arrivera pas à repartir. On ne veut pas des aides tous les ans, on veut des aides quand on a des coups durs, pour pouvoir repartir derrière. Voilà 5 ans qu'on a des sécheresses, voilà 5 ans qu'on se débrouille seuls. Au bout d'un moment il n'y aura plus de piscicultures. En 2015, on m'a dit que je n'étais pas agriculteur. Si, je suis agriculteur, j'élève des être vivants, je paie mes cotisations MSA, je suis agriculteur !"

L'effet Facebook

Heureusement, la solidarité qui a suivi Facebook remonte le moral du pisciculteur. Elle remonte aussi provisoirement ses comptes bancaires : "En quatre jours, j'ai fait 10 % de mon chiffre d'affaire et ça limite la casse. Le problème, c'est qu'au mois de septembre on va se retrouver avec des poissons qui seront petits, et il va falloir attendre pour les vendre. Le chiffre d'affaire de septembre et d'octobre sera nul. Et je ne parle par de celui du mois d'août !".

Gaëtan Bruchet au travail - Radio France
Gaëtan Bruchet au travail © Radio France - Dominique Manent

Gaëtan remercie chaleureusement tous ceux qui viennent acheter des poissons chez lui. Il compte maintenant sur la pluie :"Tant que ça peut pleuvoir, il faut que ça pleuve !"

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